Une journée de violences en Libye

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Une journée de violences en Libye
Les partisans du Colonel Kadhafi ont promis d'être aussi au rendez-vous pour ce "jour de colère"@ Reuters
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Des manifestations ont été réprimées par la force. On compte 8 morts et de nombreux blessés.

En Libye, les manifestants rêvent d’imiter les révolutions en Tunisie et en Egypte. Mais leur mouvement de protestation a été réprimé dans le sang jeudi par le régime du colonel Kadhafi, qui fait face à une contestation sans précédent.

Des rassemblements ont eu lieu jeudi matin à Al-Baïda, dans l’est du pays, faisant au moins deux morts. A Benghazi, la deuxième plus grande ville de Libye, six personnes auraient été tuées dans des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants anti-régime, ont rapporté des sites d'opposition basés à l'étranger.

Une date symbole de répression

Le mouvement ne semblait en revanche moins suivi à Tripoli, où des centaines de manifestants pro-régime se sont malgré tout rassemblés sur la Place verte au coeur de la capitale, tandis que d'autres défilaient en voiture au son des klaxons dans les rues.

Le choix de la journée de jeudi pour dénoncer le régime, dirigé d'une main de fer depuis bientôt 42 ans par le colonel Kadhafi, n’était pas anodin. Loin de là. Il marquait le cinquième anniversaire d'affrontements à Benghazi où plusieurs manifestants avaient été tués.

Inquiétude de la communauté internationale

A l’instar de ses voisins tunisien et égyptien, les appels à manifester ont été diffusés par des militants anonymes sur des réseaux sociaux sur Internet, comme Facebook et Twitter.

Face au risque de répression sanglante, Amnesty International, Londres et l'Union européenne ont appelé jeudi soir à éviter le recours à la force. Les Etats-Unis ont également demandé à Tripoli de "prendre des mesures spécifiques qui répondent aux aspirations, aux besoins et aux espoirs de leur peuple".

Un message resté lettre morte selon toutes vraisemblances. Les comités révolutionnaires, épine dorsale du régime, ont prévenu qu'ils ne permettraient pas "de piller les acquis du peuple et de menacer la sécurité du citoyen et la stabilité du pays".