Une femme à la tête du Costa Rica

  • A
  • A
Une femme à la tête du Costa Rica
@ Reuters
Partagez sur :

Les deux principaux rivaux de Laura Chinchilla à la présidentielle ont reconnu leur défaite.

Il n’y a pas eu besoin d’attendre le dépouillement de tous les bulletins pour que la victoire de Laura Chinchilla ne suscite la moindre contestation. Dès l'annonce du dépouillement de 20% des bulletins, Otton Solis, le candidat de centre-gauche, deuxième mais largement derrière, a reconnu sa défaite. Peu après, l'avocat de droite Otto Guevara, en troisième position après le dépouillement d'un peu plus de 40% des bulletins, a "félicité" celle qu'il a appelée "notre présidente".

C’est donc la candidate du parti au pouvoir qui a été déclarée dimanche soir gagnante de la présidentielle au Costa Rica. Laura Chinchilla, politologue de 50 ans, devient la première femme à présider le pays d’Amérique centrale. "Merci Costa Rica (...) Je ne trahirai pas cette confiance", a-t-elle lancé dans un bref discours prononcé dans la capitale devant plusieurs milliers de ses partisans.

Une "marionnette" ?

Laura Chincilla est en fait l’héritière du chef de l'Etat sortant Oscar Arias dont elle a été la ministre et vice-présidente. Le président sortant, 69 ans, Prix Nobel de la Paix en 1987 pour son rôle dans l'arrêt des guerres civiles en Amérique centrale, ne pouvait briguer un second mandat consécutif conformément à la Constitution, mais ses opposants jugent que Mme Chinchilla est sa "marionnette".

Le Costa Rica, qui a décidé de ne plus avoir d'armée nationale après une guerre civile en 1948, demeure un îlot de paix et de prospérité dans une région au taux de criminalité élevé, secouée par le coup d'Etat du 28 juin au Honduras. Il a toutefois découvert ces dernières années l'insécurité et la violence criminelle qui minent ses voisins. Laura Chinchilla a ainsi fait de la criminalité et de la drogue les premières cibles de son discours, au même titre que la relance économique, après la chute du PIB de 1,3% en 2009 dans un pays qui a largement fondé sa prospérité sur l'afflux d'investissements étrangers.