Un rappeur se fait nourrir de force

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Un rappeur se fait nourrir de force
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VIDÉO - Mos Def entend dénoncer l’alimentation forcée des détenus de Guantanamo.

Les images peuvent choquer. Dans une vidéo publiée lundi sur le site du quotidien britannique The Guardian, à la veille du début du ramadan, le rappeur américain Mos Def se fait nourrir de force, comme les détenus de Guantanamo en grève de la faim depuis février. Le but : réclamer la fin de ces méthodes douloureuses.

> L'INFO : Guantanamo : un combat sans "faim"

Tourné pour une ONG. Le film de quatre minutes a été tourné par le réalisateur Asif Kapadia pour l’ONG de défense des droits de l’Homme Reprieve. En combinaison orange, la même que celle des détenus de Guantanamo, attaché à une chaise, pieds et mains menottés, Mos Def, qui se fait aussi appeler Yasiin Bey, se fait poser une sonde naso-gastrique. Les images montrent à quel point la procédure est douloureuse.

La vidéo (attention, certaines images peuvent choquer) :

Le rappeur de 39 ans se laisse donc entraver sur un siège, respectant le protocole décrit dans des documents révélés en mai par la chaîne Al Jazeera. Deux médecins lui insèrent alors un tube en plastique dans la narine, qui descend jusqu’à son estomac. Rapidement, l’Américain se met à hurler "stop" puis raconte, face caméra : "la première partie n’est pas si terrible, mais ensuite il y a cette brûlure, comme si quelque chose allait dans mon cerveau et atteignait l’arrière de ma gorge. Je ne peux pas le supporter".

Jusqu’à deux heures de procédure. Selon les documents d’Al Jazeera, cette procédure douloureuse est effectuée sur tout détenu ayant refusé au moins neuf repas consécutifs ou dont le poids atteint moins de 85% de sa masse corporelle normale. Il faut environ 20 à 30 minutes pour installer la sonde et y faire passer des nutriments. Mais les détenus de Guantanamo restent parfois attachés jusqu’à deux heures, le temps que des rayons X confirment que la nourriture est bien passée dans l’estomac.

Environ 120 grévistes de la faim. D’après l’ONG Reprieve, 166 hommes sont encore détenus dans le camp de Guantanamo. 86 d’entre eux ont été déclarés libérables. Ils seraient 120 grévistes de la faim, dont 44 nourris de force par les autorités américaines.