Un proche de Berlusconi au pouvoir

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Un proche de Berlusconi au pouvoir
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Angelino Alfano, chef du parti de Berlusconi, secondera le Premier ministre de gauche Enrico Letta.

En pleine crise politique depuis deux mois, l'Italie a enfin un gouvernement, qui prêtera serment dimanche. Chargé mercredi de former un nouveau gouvernement alliant gauche et droite pour mettre fin à la crise, le numéro deux du Parti démocrate, Enrico Letta a relevé le défi samedi. Ce gouvernement hétérogène, avec 21 personnalités de tous bords, prêtera serment dimanche.

Un proche de Berlusconi numéro deux. Signal très fort de cette "large entente" encore mal acceptée Angelino Alfano, le chef du parti de Silvio Berlusconi, a donc été nommé numéro deux du gouvernement italien. La tâche de Enrico Letta était en effet compliquée : faire travailler ensemble deux forces qui ont multiplié les attaques mutuelles depuis des années. La gauche répétait en effet ces dernières semaines qu'elle n'accepterait jamais de gouverner avec son ennemi juré, Silvio Berlusconi.

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 "Ça ne pouvait pas attendre". "C'était le seul gouvernement possible et sa constitution ne pouvait pas attendre", a commenté le président de la République, Giorgio Napolitano. Le président élu samedi dernier, qui n'était pas candidat au départ mais qui s'est présenté pour sortir le pays de l'impasse, s'est félicité du fait que cette coalition gauche-droite permettra au nouveau gouvernement d'obtenir la confiance des deux Chambres, comme le prévoit la Constitution.

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"Une forte composante féminine". Le ministère de l'Economie et des Finances va au directeur de la Banque d'Italie, Fabrizio Saccomanni, alors que la troisième économie de la zone euro est plongée dans la récession. Un visage connu fait une nouvelle apparition : celui de l'ex-commissaire européenne radicale Emma Bonino, nommée aux Affaires étrangères. Quant à la Justice, ministère très sensible pour Silvio Berlusconi, poursuivi dans plusieurs procès, il revient à l'actuelle ministre de l'Intérieur, Anna Maria Cancellieri.

En présentant avec une "sobre satisfaction" son gouvernement, Enrico Letta s'est félicité surtout du "record de présence féminine et le rajeunissement de l'équipe". De fait, de nombreuses figures encore inconnues du grand public en Italie apparaissent dans ce gouvernement

La fin de deux mois d'impasse. L'Italie se trouvait dans l'impasse politique depuis deux mois, les élections de février n'ayant pas permis de dégager une majorité claire. Le Parti démocrate (PD) d'Enrico Letta était largement majoritaire à la Chambre des députés, tandis que trois blocs quasi identiques se partageaient les sièges au Sénat : le PD, le Peuple de la Liberté (PDL, droite) créé par Silvio Berlusconi, et les contestataires du Mouvement cinq étoiles (M5S) de l'ex-comique Beppe Grillo. 

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Un programme à déterminer. Le président Napolitano, réélu quasiment contre son gré à bientôt 88 ans, a plaidé pour "une rénovation, un changement générationnel et une forte présence féminine". Une façon de répondre au besoin de changement exprimé par les Italiens, notamment par le succès inattendu de Beppe Grillo, qui a vu dans les tractations tous azimuts un "mépris pour les huit millions d'Italiens" ayant voté pour lui. Le nouveau gouvernement, qui prêtera serment dimanche, doit désormais s'accorder sur son programme, en particulier sa politique économique.