Un Nobel pour le Printemps arabe ?

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Un Nobel pour le Printemps arabe ?
L'académie suédoise des Nobel pourrait honorer une figure emblématique du Printemps arabe.@ REUTERS
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L'académie suédoise pourrait honorer une figure emblématique de la contestation populaire.

Un des favoris pour le Nobel de la paix 2011 n'est pas un homme ou une femme mais des millions de personnes. Parmi les 241 candidats de cette année, le prix pourrait en effet récompenser la vague de contestation populaire qui a déferlé sur l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient lors du Printemps arabe. Et pour recevoir le prix en main propre et incarner ce vent de liberté, le comité Nobel pourrait choisir de récompenser une figure emblématique du mouvement. Mais laquelle ?

Esraa Abdel Fattah blogueuse egyptienne MAXPPP 620620

© MAXPPP

Esraa Abdel Fattah. Cette Egyptienne a co-fondé le Mouvement du 6 avril sur Facebook qui a pris de l'ampleur pour devenir une coalition non violente hostile au régime de Hosni Moubarak, finalement chassé du pouvoir en février. Pour le directeur de l'Institut de recherche pour la paix d'Oslo, Kristian Berg Harpviken, Esraa Abdel Fattah et le Mouvement du 6 avril ont joué un "rôle clé dans le maintien du cap et de la non-violence des révoltes en Egypte".

Waël Ghonim REUTERs 620620

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Waël Ghonim. Cet autre Egyptien, cadre chez Google, est un cyber-militant qui a largement inspiré les manifestations de la place Tahrir au Caire. Pour Kristian Berg Harpviken, il est un "militant pacifiste et un innovateur dans l'utilisation des médias sociaux". Le magazine Time l'a même classé parmi les personnalités les plus influentes de l'année.

Lina Ben Mhenni MAXPPP 930620

© MAXPPP

Lina Ben Mhenni. Si le comité Nobel préfère récompenser la révolution du jasmin, cette blogueuse tunisienne fait figure de favorite. Avec son blog A tunisian girl - dont elle a tiré le livre Tunisian girl, blogueuse pour un printemps arabe -, elle a été à la pointe de la mobilisation en Tunisie. "C'est une musulmane modérée, une femme, dont la récompense constituerait un soutien aux médias sociaux (dans la diffusion des révoltes populaires) et au Printemps arabe", dit d'elle l'historien des Nobel Asle Sveen.

Et pour couper la poire en deux, Asle Sveen verrait bien un prix attribué conjointement à Lina Ben Mhenni et à Esraa Abdel Fattah. "Elles partagent la même cause, sont toutes deux des musulmanes modérées, des femmes et elles utilisent les médias sociaux pour cimenter la révolution", explique-t-il.

Un obstacle formel pourrait toutefois se dresser sur la route de cette reconnaissance : la date de clôture des nominations pour le Nobel. Elles se sont en effet arrêtées au 1er février dernier. La révolution tunisienne battait son plein mais en Egypte, on n'en était qu'aux balbutiements de la révolte. Toutefois, les membres du comité Nobel pouvaient ajouter, s'ils le souhaitaient, des noms sur la liste jusqu'à leur réunion du 28 février. Date à laquelle les manifestations de la place Tahrir faisaient le plein.