Un ancien Premier ministre kosovar, recherché par la Serbie, arrêté en France

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Un ancien Premier ministre kosovar, recherché par la Serbie, arrêté en France
Ramush Haradinaj a été arrêté à l'aéroport de Bâle-Mulhouse.@ ARMEND NIMANI / AFP
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Ramush Haradinaj a été interpellé en vertu d'un mandat d'arrêt émis par la Serbie qui l'accuse de crime de guerre.

L'ex-Premier ministre kosovar Ramush Haradinaj a été interpellé mercredi en France, à la demande de la Serbie qui l'accuse de crimes de guerre lors du conflit de 1998-99, a-t-on appris de sources concordantes. Désormais responsable de l'opposition kosovare, Ramush Haradinaj, 48 ans, avait toutefois été acquitté en 2012 par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). En 2015, il avait déjà été brièvement retenu en Slovénie avant d'être relâché. 

Mandat d'arrêt international. Selon des sources françaises proches de l'enquête, cet ex-haut responsable de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) durant la guérilla contre les forces de Belgrade, a été arrêté à l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Il arrivait de Pristina. Le ministère kosovar des Affaires étrangères a précisé que cette arrestation s'était faite en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par la Serbie. La justice française doit désormais examiner cette demande. "Nous prenons toutes les mesures pour qu'Haradinaj soit libéré aussi vite que possible", a déclaré à Pristina le ministre kosovar de la Justice Dhurata Hoxha.

La guérilla de 1998-99 s'était achevée par la séparation de la Serbie de cette région majoritairement albanophone, après une campagne de bombardements de l'OTAN sur la Serbie. Le Kosovo avait déclaré son indépendance en 2008, désormais reconnue par plus de 110 pays, mais toujours pas par Belgrade. Compagnon d'armes d'Hashim Thaçi, l'actuel président, Ramush Haradinaj en est devenu un adversaire politique, s'opposant notamment à toute normalisation des relations avec Belgrade. 

Acquitté de 37 chefs d'accusation. Premier ministre de décembre 2004 à mars 2005, il avait démissionné après avoir été inculpé par le TPIY pour des crimes contre des civils serbes, mais aussi albanais et roms du Kosovo, notamment des meurtres et des tortures. Plus haut responsable kosovar jamais poursuivi, il avait été acquitté par le TPIY de 37 chefs d'accusation.