Tunisie : une "bataille de com" sur le web

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Tunisie : une "bataille de com" sur le web
Tunisie : une "bataille de com" sur le web@ MAXPPP MONTAGE
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TEMOIGNAGE - Il a 30 ans, est tunisien, vit en France et veut poursuivre la révolution sur le web.

Que retiendra-t-on des événements qui ont emporté le régime de Ben Ali en Tunisie ? Nul ne le sait encore, mais ceux qui ont participé au mouvement de protestation entendent bien se battre pour que leur "révolution" ne soit pas réécrite, réinterprétée par leurs opposants. C’est en tout cas l’objectif de Mohamed Dhaoui, Tunisien de 30 ans, vivant en France depuis une dizaine d’années et fondateur du collectif Action tunisienne.

Le 14 janvier dernier, le soir même où a été décrété l’état d’urgence en Tunisie, le jeune homme s’est planté devant son ordinateur pour réserver trois noms de sites internet : "action.tunisienne.org, revolution.tunisienne.com et revolutionjasmin.com", explique-t-il à Europe1.fr.

"Il faut couper l’herbe sous le pied des contre-révolutionnaires"

Le système Ben Ali renversé, "le web reste encore un enjeu" pour ceux qui se sentent liés à ce mouvement de contestation, estime Mohamed Dhaoui.

Le jeune homme le martèle : "Il est évident qu’il faut être encore présent sur internet et aller vite". "Moi, j’ai rapidement déposé ces noms de sites pour couper l’herbe sous le pied des contre-révolutionnaires", ajoute-t-il. En somme, pour lui, le web est toujours un lieu de lutte, celui "d’une bataille de la communication".

Dans ce contexte, Mohamed Dhaoui estime qu’il est primordial d’occuper le terrain, de ne pas se laisser déposséder du net qui a été, pour eux, un allier précieux. Leur mouvement doit se poursuivre sur les réseaux sociaux - comme Facebook et Twitter - et investir de nouveaux sites.

Révolutiondejasmin.com

Pour ces raisons, il entend faire de son futur site "revolutionjasmin.com", un territoire où les intellectuels, les anonymes ou les militants viendront raconter ce qu’ils ont vu lors du mois de janvier en Tunisie. "Ce sera un espace pour qu’ils donnent leurs points de vue, postent leurs photos ou des vidéos", assure-t-il.

Ses deux autres sites seront, eux, des plateformes consacrées aux associations, pour qu’elles puissent s’unir, s’organiser et échanger des services. La première action.tunisienne.org devrait voir le jour dans les semaines qui viennent.