Tunisie : un salafiste derrière la mort de deux opposants ?

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Tunisie : un salafiste derrière la mort de deux opposants ?
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La même arme a été utilisée pour tuer l'opposant Chokri Belaïd en février. Une grève générale a été décrétée.

L’INFO. La principale centrale syndicale tunisienne (UGTT) a appelé à une grève générale vendredi au lendemain de l'assassinat du député de l'opposition de gauche Mohamed Brahmi, abattu près de Tunis. Les autorités ont mis en cause un salafiste radical.

 

Tunisie, manifestation après la mort de Mohamed Brahmi

© REUTERS

Un salafiste mis en cause. Les autorités ont annoncé vendredi qu'un salafiste radical, Boubaker Hakim, était soupçonné d'avoir assassiné Mohamed Brahmi, ainsi que Chokri Belaïd. "L'arme utilisée pour abatte Mohamed Brahmi est la même qui a servi à tuer Chokri Belaïd", a indiqué le ministre tunisien de l'Intérieur.

Aucun vol vendredi. L'UGTT a annoncé dans un communiqué une grève générale vendredi après ce "crime odieux" et en réponse, la compagnie Tunisair et sa filiale Tunisair Express ont annoncé l'annulation de tous les vols programmés vendredi.

>> A lire également : les djihadistes défient le pouvoir.

Après l'assassinat de Mohammed Brahmi, abattu jeudi près de Tunis, des centaines de personnes ont manifesté dans le centre de la capitale et en province, notamment à Sidi Bouzid, région natale du député, dont la famille et les partisans accusent les islamistes au pouvoir d'être derrière le meurtre. Dans la soirée, après une accalmie à l'heure de rupture du jeûne du ramadan, les manifestations ont repris et de nouveaux rassemblements ont eu lieu vendredi.

Un contexte tendu. La nouvelle a secoué les Tunisiens en cette journée chômée marquant le 56e anniversaire de la République. Des centaines de personnes ont afflué dans le centre de la capitale pour dénoncer l'assassinat, accusant eux aussi le parti Ennahda, qui a démenti toute implication.

Cet assassinat intervient près de six mois après celui de Chokri Belaïd, une autre figure de la gauche tunisienne. Sa famille avait aussi accusé Ennahda, qui avait là aussi démenti toute implication. Le pouvoir avait imputé ce crime à un groupuscule islamiste radical.

Réactions unanimes à l’étranger. A l'étranger, la France, les États-Unis, la Suisse, l'Algérie et le Parlement européen ont dénoncé l'assassinat et la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Navi Pillay a demandé "une enquête rapide et transparente". La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a condamné "avec la plus grande fermeté" l'assassinat et a appelé la Tunisie à une "réponse citoyenne et pacifique" à ce meurtre.

Un appel au calme. Le chef du gouvernement Ali Larayedh a appelé les Tunisiens au calme, soulignant que cet assassinat "ne doit pas être exploité pour semer le trouble et inciter les Tunisiens à s'entretuer".