Tchernobyl : Medvedev désavoue l’URSS

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Tchernobyl : Medvedev désavoue l’URSS
L'un des "liquidateurs" de Tchernobyl, Vyacheslav Gryzunov, décoré par Dimitri Medvedev.@ Reuters
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Attendu en Ukraine pour le 25e anniversaire de la catastrophe nucléaire, le président russe a défendu "la vérité".

Tout un symbole. C’est au Kremlin, lors d’une remise de décorations à des "liquidateurs", ces hommes qui, par centaines de milliers, ont "nettoyé" le site de Tchernobyl avec des protections dérisoires, que Dimitri Medvedev a admis que l’URSS "n'avait pas eu tout de suite le courage d'admettre les conséquences de ce qui s'était passé". La séquence a été diffusée à la télévision d’Etat russe.

"La principale leçon est la nécessité de dire la vérité aux gens, car le monde est tellement fragile, et nous sommes tellement interdépendants, que toute tentative de cacher la vérité, de ne pas tout dire (...) se termine en tragédie", a encore déclaré le président russe à la veille du 25ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, où il est attendu mardi.

Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explosait au cours d'un test après une erreur de manipulation. Equivalents à au moins 200 bombes d'Hiroshima, les rejets radioactifs ont contaminé une bonne partie de l'Europe. L'état soviétique a attendu trois jours avant de reconnaître la catastrophe.

Un désaveu impensable de la part de Poutine

Avec ce désaveu, impensable de la part d’un Vladimir Poutine fervent défenseur du passé soviétique, Dimitri Medvedev prend un peu plus ses distances avec l’ancien maître du Kremlin. Le calendrier électoral n’y est sans doute pas étranger, à moins d’un an de l’échéance présidentielle.

11 réacteurs vétustes toujours en service

Ce plaidoyer pour "la vérité", 25 ans après le drame, intervient alors que la vétusté du parc nucléaire russe alarme certains experts. Le maintien en service de onze réacteurs, du même type que ceux de Tchernobyl, a ainsi encore été dénoncé lundi par Vladimir Kouznetsov, membre d'un conseil d'experts auprès de Rosatom, le monopole russe du nucléaire. L’expert y voit un comportement "criminel".