Syrie : une trêve, oui, mais…

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Syrie : une trêve, oui, mais…
Le régime et les rebelles s'engagent à observer une tr^ve de quatre jours. Mais ils se réversent le droit de riposter en cas de violations.@ REUTERS
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Le régime et les rebelles se réservent le droit de riposter en cas de violation de cette trêve.

S’il est effectivement mis en place, il s’agira du premier cessez-le-feu en Syrie depuis le début du conflit. Le régime de Bachar al-Assad et les rebelles ont accepté jeudi d’observer une trêve pour les quatre jours de la fête de l’Aïd al-Adha, à compter de vendredi. Avec une réserve : chaque partie se réserve le droit de riposter en cas de violations de ce répit âprement négocié par l’émissaire de l’ONU, Lakdhar Brahimi.

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"Nous répondrons avec cent balles"

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© AMNESTY INTERNATIONAL

Dans la soirée, l’armée a annoncé qu’elle suspendrait ses opérations militaires. Mais elle répondra si les "terroristes", c’est-à-dire les rebelles, "continuent à tirer sur les civils et les forces gouvernementales […] ou à utiliser des voitures piégées et des bombes".

Du côté des insurgés, l’accord avait déjà été donné plus tôt. "Nous allons respecter le cessez-le-feu à partir de vendredi si l’armée syrienne en fait autant. Mais si elle tire une seule balle, nous répondrons avec cent balles", a prévenu le chef du commandement militaire de l’Armée syrienne libre, le général Moustapha al-Cheikh. Ce dernier a toutefois admis qu’il ne parlait pas au nom de l’ensemble des mouvements insurgés.

L’ONU prudente

Au vu de la "méfiance" entre les deux camps, l’ONU reste prudente et a dit espérer "de tout cœur" que le cessez-le-feu tienne. Le 12 avril dernier, une trêve négociée par Kofi Annan, le prédécesseur de Lakdhar Brahimi, avait volé en éclats au bout de quelques heures seulement. S’adressant aux membres du Conseil de sécurité, Lakdhar Brahimi a souligné que cette trêve, si elle est respectée, pourrait constituer un "petit pas" pouvant mener à l’ouverture d’un dialogue politique et à un meilleur accès humanitaire.

Même son de cloche à Washington, où la diplomatie américaine a, elle aussi, dit "espérer" que cet accord soit respecté. Victoria Nuland, la porte-parole du département d’État, s’est toutefois montrée sceptique, affirmant : "nous avons vu beaucoup de promesses du régime d’Assad. Nous n’en avons vu aucune appliquée".