Syrie : Sarkozy "déplore" le double veto

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Syrie : Sarkozy "déplore" le double veto
Barack Obama a accusé samedi Bachar al-Assad d'avoir "assassiné des civils".@ REUTERS
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Le président français veut créer un "groupe des amis du peuple syrien"

La Russie et la Chine ont opposé ce samedi leur veto lors d'un vote au Conseil de sécurité de l'ONU sur un projet de résolution soutenant le plan de la Ligue arabe qui prévoit la mise à l'écart du président syrien, Bachar al-Assad. Ces deux pays avaient déjà usé de leur droit de veto en octobre à l'ONU contre une résolution condamnant la répression des manifestations antigouvernementales en Syrie.

Une décision vivement critiquée, samedi, par Nicolas Sarkozy. "Les Etats qui empêchent le Conseil de sécurité de condamner ces actes encouragent le régime syrien à persévérer dans sa politique cruelle et sans issue", a déclaré le président dans un communiqué.

"Un groupe des amis du peuple syrien"

"La France ne se résigne pas, ajoute Nicolas Sarkozy. Elle se concerte avec ses partenaires européens et arabes afin de créer un Groupe des Amis du peuple syrien qui aura pour objectif d'apporter tout l'appui de la communauté internationale à la mise en œuvre de l'initiative de la Ligue Arabe", poursuit l'Elysée dans son communiqué.
 
Nicolas Sarkozy a rappelé que "la Ligue des États arabes a adopté le 22 janvier un plan qui pourrait permettre de mettre fin aux violences, de donner la parole au peuple syrien à travers des élections et au président Bachar al-Assad de s'effacer tout en préservant les structures de l'État afin d'éviter au pays de sombrer dans la guerre civile". "C'est ce plan raisonnable que treize des quinze membres du Conseil de sécurité souhaitaient soutenir", a-t-il ajouté.

"Un pas supplémentaire dans la sauvagerie"

Depuis samedi et l'attaque qui a fait plus de 200 morts à Homs, la pression avait augmenté sur le régime syrien. Ce massacre avait fait réagir la plupart des capitales du monde. Barack Obama est sorti de sa réserve, accusant Damas d'avoir "assassiné" des civils, évoquant "des attaques abominables".  Pour le président américain, "Assad doit arrêter tout de suite les tueries et les crimes contre son propre peuple, il doit quitter le pouvoir et permettre la mise en place immédiate d'une transition démocratique".

La France, par la voix d'Alain Juppé, a accusé Damas d'avoir "franchi un pas supplémentaire dans la sauvagerie". Pour le ministre des Affaires étrangères français, "la communauté internationale doit reconnaitre et appuyer le droit du peuple syrien à la liberté, à la sécurité, et au choix de son avenir politique. Ceux qui freineraient l’adoption d’une telle résolution prendraient une lourde responsabilité devant l’histoire", faisant référence au blocage russe dans ce dossier. 

La Grande-Bretagne dénonce "le cynisme sans pitié du président Assad". "Je suis horrifié des informations concernant l'attaque sur Homs au cours de la nuit du 3 février, qui a fait 200 morts", a déclaré le chef de la diplomatie britannique, William Hague, dans un communiqué. "Je condamne sans équivoque le recours aux chars, aux mortiers, à l'artillerie dans les zones habitées par les civils", a-t-il ajouté.

"Les auteurs des crimes"

Le gouvernement espagnol a également fait entendre sa voix, samedi. Madrid parle d'une répression qui atteint "des niveaux inacceptables". Sur son compte Twitter, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders a jugé urgent que le Conseil de sécurité "dénonce les auteurs des crimes commis en Syrie et soutienne le plan de la Ligue arabe".

twitter reynders

© Capture Twitter

La Tunisie expulse l'ambassadeur syrien

Fait rare, un pays du monde arabe, la Tunisie, a pris une mesure radicale à l'encontre d'un autre pays arabe, en annonçant l'expulsion imminente de l'ambassadeur de Syrie à Tunis. "La Tunisie a commencé les procédures réglementaires en vue d'expulser l'ambassadeur de Syrie et se désengage de toute reconnaissance du régime au pouvoir en Syrie", a indiqué la présidence dans un communiqué.

Partout, l'indignation a gagné et les ambassades de Syrie de plusieurs capitales européennes (Athènes, Londres, Berlin) et arabes (Koweït, Le Caire, Ryad) ont été la cible d'attaques ou de tentatives d'occupation. Les attaques les plus violentes ont eu lieu à Koweït, où l'ambassade a été prise d'assaut par des centaines de manifestants koweïtiens et syriens, ainsi qu'au Caire, où le bâtiment a été saccagé et en partie incendié.