Syrie : mais où veut en venir la Russie ?

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Syrie : mais où veut en venir la Russie ?
@ Reuters
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Le déploiement d'importants moyens militaires en Syrie pose la question des intentions de Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine sort les grands moyens en Syrie : 28 avions de combat ont été déployés dans un fief de Bachar al-Assad. Mais quelles sont, au juste, les intentions de Moscou ? Eléments de réponse avec le grand reporter d'Europe 1 Didier François, spécialiste des questions militaires et stratégiques.

Un déploiement conséquent. Premier indice : 28 avions de combat, ce n'est pas rien. La France n'en a déployé que 12 dans la région. On est donc face à une force militaire conséquente et surtout autonome : il n'est pas question de livraison d'armes à Bachar al-Assad mais bien d'un déploiement de moyens militaires russes en propre. La base aérienne moderne sera ainsi capable d'accueillir des bombardiers, des drones, des commandos, des moyens de renseignement, des centres de commandement et de communication… soit toute la panoplie nécessaire pour planifier et conduire des opérations d'envergure.

L'affichage… Avec de tels moyens, où veut en venir la Russie ? C'est la grande question que se posent les Occidentaux. Les objectifs officiellement affichés par Vladimir Poutine sont connus : il dit vouloir participer à la coalition contre les terroristes de l'Etat islamique.

Cela ne veut pas dire grand chose : les Turcs ont fait la même déclaration il y a quelques semaines pour, au final, passer plus de temps à frapper les Kurdes que les djihadistes. 

Et les intentions réelles… Quel est, dans ces conditions, le véritable objectif de Vladimir Poutine ? Les plus sceptiques pensent que la Russie a trouvé un nouveau moyen de soutenir le régime de Bachar. Les plus optimistes, eux, estiment qu'un renforcement militaire russe en Syrie donnera, in fine, plus de poids à Moscou pour imposer à Damas un compromis comme, par exemple, un départ de Bachar al-Assad contre une garantie de survie donnée aux cadres de son régime. Cette dernière option est celle plébiscitée par les Occidentaux. C'est cette même piste qui semble être l'objet de discussions entre le Kremlin et la Maison blanche.