Syrie : "l'odeur de la chair brûlée"

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Syrie : "l'odeur de la chair brûlée"
Un journaliste, qui a suivi les observateurs de l'ONU à Al-Koubeir, témoigne sur Twitter.@ REUTERS
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Un journaliste, qui a suivi les observateurs de l'ONU à Al-Koubeir, témoigne sur Twitter.

Les "bérets bleus" de l'ONU sont arrivés vendredi dans le village d'Al-Koubeir, après en avoir été empêchés la veille par les forces syriennes et des villageois. Mercredi, 78 civils ont été victimes d'un massacre imputé aux forces du régime de Bachar al Assad par les opposants au président syrien. Un journaliste de la BBC, qui a pu suivre les observateurs de l'ONU, décrit une ambiance post-apocalyptique.

"C'était un spectacle écoeurant"

L'ONU a confirmé l'arrivée sur place des observateurs mais a indiqué qu'elle ne donnera "aucun détail jusqu'au retour des équipes". "C'était un spectacle écoeurant", écrit de son côté Paul Danahar sur Twitter.  "Nous n'avons pas trouvé de cadavres, mais nous avons trouvé des traces du passage de véhicules sur l'asphalte, (qui), d'après l'Onu, ressemblent à celles de véhicules blindés de transport de troupes ou de chars", poursuit le journaliste.

"Dès qu'on pénètre dans la première demeure, on est saisi par l'odeur nauséabonde de la chair brûlée", décrit encore Paul Danahar. "On se rend compte qu'un crime terrible y a été commis, tout a été brûlé, les maisons ont été éventrées, un lance roquette a creusé un trou sur un flanc de la maison", ajoute-t-il.

"Même le bétail a été tué"

"Les scènes les plus éprouvantes se trouvaient dans la maison suivante. J'ai pénétré à l'intérieur et j'ai vu des morceaux de cervelle sur le sol. Il y avait une nappe couverte de sang et de lambeaux de chair et quelqu'un avait essayé d'éponger le sang en le rassemblant dans un coin mais on dirait que cette personne a abandonné tellement il y en avait", détaille le journaliste britannique. "Même le bétail a été tué et les carcasses pourrissent au soleil", conclut-il.

D'après les opposants au régime, au moins 78 personnes ont été tuées par balle, à l'arme blanche ou brûlées vives dans ce village sunnite par les forces fidèles au régime dominé par les alaouites. Ces mêmes opposants accusent les "chabbihas", miliciens soutenant Bachar al Assad, de s'en prendre désormais sans le moindre discernement aux civils sunnites, qu'ils participent ou non à la contestation.

Les autorités de Damas ont démenti qu'un tel massacre ait eu lieu et affirment qu'il y a eu seulement neuf victimes, tuées par des "groupes terroristes" - appellation utilisée par les autorités pour désigner rebelles et opposants.