Percée historique de l'extrême droite en Suède

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Percée historique de l'extrême droite en Suède
@ Reuters
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LÉGISLATIVES - Les élections remportées par la gauche ont été marquées par le score historique de l'extrême droite avec près de 13% des voix.

L'info. L'opposition de gauche en Suède a remporté dimanche des élections législatives marquées par une poussée historique de l'extrême droite, que le futur Premier ministre probable veut maintenir en dehors des tractations gouvernementales.Les résultats quasi définitifs donnent les sociaux-démocrates en tête avec 31,3% des voix.Leur chef de file, Stefan Löfven, 57 ans, s'est dit "prêt à explorer la possibilité de former un gouvernement", devant ses partisans réunis à Stockholm.

"Nous sommes les maîtres du jeu". L'ancien ouvrier et syndicaliste serait le Premier ministre le plus mal élu de l'histoire de son parti, et sa probable coalition sera loin de la majorité absolue au Parlement.La principale raison est la progression impressionnante des Démocrates de Suède (SD, extrême droite), qui deviennent le troisième parti du pays avec quelque 12,9% des voix, contre 5,7% il y a quatre ans.C'est un nouveau triomphe pour leur président, Jimmie Åkesson, 35 ans, qui a fait de cette formation anti-immigration, autrefois marginale dans l'électorat, une force qui compte."Nous sommes tout à fait les maîtres du jeu maintenant", a-t-il déclaré. "Il est évident qu'ils [les autres partis] devront nous prendre en considération désormais (...) Il faut gouverner ce pays, et ce sera difficile s'ils ne sont pas prêts à nous parler"."Il n'y aura pas de coopération avec eux.

"87% des Suédois n'ont pas voté pour eux".Gardons à l'esprit que 87% des Suédois n'ont pas voté pour eux", a répondu M. Löfven.Vaincu après huit ans au pouvoir, le Premier ministre conservateur Fredrik Reinfeldt a reconnu sans tarder sa défaite. "Le peuple suédois a pris sa décision. Par conséquent, je présenterai demain [lundi] ma décision", a-t-il dit à ses partisans.Les Démocrates de Suède restent frappés d'ostracisme par les sept autres partis du Riksdag (parlement), qui ont tous exclu de discuter avec eux.La progression de ce parti rappelle celle d'autres formations d'extrême droite ou de droite populiste en Europe, comme Ukip en Grande-Bretagne, qui siège dans le même groupe au Parlement européen, le Front national en France et le Parti populaire danois.Selon des projections de la télévision publique SVT, ils passeraient à 49 députés contre 20 auparavant.Les sociaux-démocrates, les Verts et le Parti de gauche en auraient 158, et les quatre partis de centre droit 142.