Suède : comment l’extrême-droite a fait chuter le gouvernement

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Suède : comment l’extrême-droite a fait chuter le gouvernement
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Farouchement opposés à l’immigration, les Démocrates de Suède ont créé une crise politique durable dans le pays.

En Suède, l’extrême-droite montre les dents. Les Démocrates de Suède, qui disposent d’une minorité de blocage au Parlement, ont réussi à précipiter le pays dans une crise politique qui devrait être durable. Même les législatives anticipées, qui auront lieu en mars, ne devraient pas suffire à la résoudre. Europe1.fr vous donne les clés pour comprendre comment la Suède en est arrivée là.

Qui sont les Démocrate de Suède ? A l’origine, ce parti créé en 1979 avait un nom un peu plus explicite : "Gardons la Suède suédoise", rappelle Courrier International. Depuis rebaptisé "Démocrates de Suède", le parti réclame une réduction drastique de l’immigration dans le pays, dont la politique en la matière est l’une des plus généreuses au monde. En 2010, le parti, qui puise ses racines dans l’extrême-droite la plus radicale, a fait son entrée au Parlement. Et en septembre, il est devenu la troisième force politique de Suède après une percée historique aux législatives, en raflant 12,9% des voix, soit 49 sièges sur 349.

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Comment ont-ils réussi à neutraliser le gouvernement ? Fort d’une minorité de blocage, les élus des Démocrates de Suède ont voté le budget présenté au Parlement par l’opposition. De quoi rendre inopérant le gouvernement de coalition de gauche, deux mois à peine après les élections. Résultat : le Premier ministre, Stefan Löfven, désavoué, a annoncé mercredi des élections législatives anticipées pour 22 mars prochain. C’est la première fois depuis 1958 que cela se produit en Suède. Les Démocrates de Suède ont d’ores et déjà prévenu qu’ils avaient l’intention de faire ce scrutin un "référendum sur l’immigration". 

Pourquoi la crise risque de durer ? Il est fort probable que ces nouvelles élections débouchent sur un Riksdag (le Parlement suédois) quasiment identique à celui élu en septembre, dans lequel ni la gauche, ni le centre-droit, ni l’extrême-droite ne serait majoritaire, car le mode de scrutin donne la part belle à la proportionnelle. De toute façon, les Démocrates de Suède ont déjà annoncé la couleur, par la voix de leur dirigeant par intérim, Mattias Karlsson : "nous tâcherons de faire tomber tout gouvernement ou proposition de budget qui soutient une hausse de l’immigration".