"Shutdown" : le jour d'après aux Etats-Unis

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"Shutdown" : le jour d'après aux Etats-Unis
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Privés de budget, une partie des services fédéraux américains doivent fermer. Républicains et démocrates vont devoir négocier.

L’INFO. La "Giant Panda Cam", une webcam braquée en permanence sur les pandas du zoo de Washington, va cesser d’émettre mardi. C’est l’une des conséquences de la fermeture mardi de l’Etat fédéral américain, due à l’absence d’accord sur le budget au Congrès. Il y en a d’autres : quelque 800.000 fonctionnaires jugés non essentiels vont être mis au chômage technique dès mardi matin. Une situation qui ne pourra être résolue que par des négociations et un vote du budget.

> L'ACTU : L’État fédéral américain au chômage technique

#Ce qui va se passer mardi

Ce qui s’arrête. A leur réveil mardi, les Américains vont découvrir un pays paralysé. Les fonctionnaires concernés auront quatre heures mardi matin pour se présenter à leurs bureaux, ranger leurs affaires, annuler leurs réunions puis rentrer chez eux, sans la moins garantie de paie rétroactive. La Maison-Blanche va se retrouver privée de ses huissiers et de ses secrétaires, et certains ministères, comme celui de l’environnement, seront déserts jusqu’à nouvel ordre. La Nasa va fermer ses portes et il n’y aura plus de contrôles sanitaires dans les usines. Au Pentagone, la moitié des employés civils sont au chômage technique et dans la capitale Washington D.C., les ordures ne seront plus ramassées.

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© REUTERS

Quant aux touristes visitant les États-Unis, ils trouveront porte close dans les musées et monuments de Washington, ainsi que dans les parcs nationaux du pays, comme les immenses parcs du Grand Canyon et de Yosemite. La perte pour l’économie est estimée à 30 millions de dollars par jour.

Ce qui continue. Les trains continuent à rouler et le courrier est toujours distribué. Quant au personnel militaire américain, il continue ses opérations, tout comme les agents du renseignement dont les fonctions sont jugées vitales pour la sécurité des États-Unis. La Cour suprême fonctionne toujours et les tribunaux fédéraux vont rester ouverts pendant encore dix jours. Si le blocage se prolonge au-delà de ce délai, leur statut sera rééxaminé.

#Et après ?

Négocier et voter le budget. Ce n’est pas la première fois que les services fédéraux ferment : le "shutdown" s’est déjà produit 17 fois dans le passé. La plupart du temps, la crise a été réglée très rapidement, mais la dernière fois, sous Bill Clinton, elle a duré du 16 décembre 1995 au 6 janvier 1996. Le seul moyen d’en sortir, c’est de "négocier" et de voter, enfin, le budget, explique la consultante d’Europe 1 Nicole Bacharan, spécialiste des États-Unis. Sauf que les partis ne sont d’accord que sur un seul point : "c’est la faute de l’autre", écrit le Washington Post.

Barack Obama : "Un groupe de républicains à la Chambre vient de forcer le gouvernement à fermer car ils refusent Obamacare, au lieu de voter un vrai budget".

John Boehner, président de la Chambre des représentants : "Les démocrates ont choisi de fermer le gouvernement plutôt que de débattre des failles de l'Obamacare".

Les républicains, poussés par leur aile droite, veulent le report de l’application de la réforme du système de santé, tandis que les démocrates refusent de négocier avec "un pistolet sur la tempe". Les travaux du Congrès doivent reprendre mardi.

> INTERVIEW E1 : "Tout ce qui n'est pas indispensable a fermé"

Vers un nouveau "mur budgétaire" ? Cette crise augure en tout cas mal d’une autre échéance cruciale pour les finances publiques américaines : celle du relèvement du plafond de la dette, qui doit être discuté dans quelques semaines par les élus. Avec à la clé de possibles coupes budgétaires automatiques si les républicains et les démocrates échouent une fois de plus à se mettre d’accord.