Sarah Palin hors jeu

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Sarah Palin hors jeu
Sarah Palin a renoncé mercredi à briguer la Maison Blanche.@ REUTERS
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INTERVIEW - Le retrait de l’égérie du Tea Party rebat les cartes pour la primaire républicaine.

Elle préfère se vouer à "Dieu, [sa] famille et le pays". L’ultra-conservatrice Sarah Palin, colistière du républicain malchanceux John McCain en 2008, a annoncé mercredi qu’elle ne serait pas candidate à l’élection présidentielle de 2012 aux Etats-Unis. Un retrait qui pourrait profiter aux autres candidats en lice pour l’investiture. Nicole Bacharan, spécialiste des Etats-Unis et consultante pour Europe 1, a expliqué à Europe1.fr ce que cet abandon va changer.

Pourquoi Sarah Palin a-t-elle jeté l’éponge ?
Elle n’a pas donné de raison, mais en définitive, à mon avis, elle n’était pas très bien placée. Elle ne s’est pas révélée comme une candidate très fiable. Elle a essuyé beaucoup de critiques, et même sur le plan du caractère, ce n’est pas une candidate disciplinée pour une équipe de campagne. Elle s’est fait démolir et elle n’a pas cette obstination qu’il faut pour être président des États-Unis.

Y’a-t-il un rapport avec le fait que ce soit une femme ?
Je ne crois pas que ce soit une raison. Les femmes se disent qu’elles peuvent devenir présidente des Etats-Unis, Hillary Clinton a bien failli le faire [en 2008]. Mais aujourd’hui, ça a l’air de se dessiner entre Mitt Romney, centriste, costaud sur l’économie, et Rick Perry, qui n’a pas très bien géré le dernier débat.

A qui profite son retrait de la course ?
Elle était à peu près à 9% dans les sondages sur les opinions concernant les candidats favoris de l’électorat républicain. Elle est très à droite, proche des Tea Party. Ce retrait devrait profiter à Rick Perry et Michele Bachmann, qui ont à peu près le même électorat, et pas à Mitt Romney, qui n’est pas un radical.

D’autres candidats peuvent-ils émerger ?
Herman Cain, un homme d’affaires noir, originaire d’Atlanta, a fait une percée dans les sondages. Ce n’est pas un politique, mais il a du charisme et il est noir, ce qui est un plus pour certains républicains. Michele Bachman, elle, semble en perte de vitesse. Son problème, c’est que maintenant, même au Tea Party, les questions économiques passent avant la religion.

Mais le plus crédible, le plus compétent, c’est sans l’ombre d’un doute Mitt Romney. Même s’il n’est pas flamboyant, il est le candidat naturel et les républicains vont probablement finir par l’admettre.