Roumanie : le parti au pouvoir prêt à des concessions sur le décret contesté

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Roumanie : le parti au pouvoir prêt à des concessions sur le décret contesté
Le président du parti social-démocrate au pouvoir en Roumanie est confronté depuis plusieurs jours à une contestation populaire inédite.@ AFP
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Confronté depuis plusieurs jours à d'immenses manifestations, le président du parti social-démocrate au pouvoir a évoqué samedi la possibilité d'abroger le décret assouplissant la législation anti-corruption.

Le président du parti social-démocrate au pouvoir en Roumanie, confronté depuis plusieurs jours à une contestation populaire inédite, a évoqué pour la première fois samedi la possibilité d'abroger le décret assouplissant la législation anti-corruption, affirmant son intention de "proposer une solution".

Lâcher du lest. "Je vais proposer une solution pour éteindre le conflit sur ce décret et j'espère que le Premier ministre l'acceptera", a déclaré Liviu Dragnea, chef du PSD, dans une interview au site d'information roumain DC News, sans préciser quand aurait lieu sa rencontre avec le chef du gouvernement. "On peut éventuellement parler d'abroger l'ordonnance si le Premier ministre l'accepte", a ajouté Liviu Dragnea, lâchant pour la première fois du lest dans cette confrontation avec les adversaires du décret qui manifestent depuis quatre soirs de suite dans tout le pays.

"Une campagne de désinformation". Des dizaines de milliers de personnes sont attendues samedi après-midi à Bucarest pour un nouveau rassemblement. Liviu Dragnea, qui passe pour exercer une influence décisive sur le Premier ministre Sorin Grindeanu en poste depuis un mois, avait jusqu'ici, tout comme le chef de l'exécutif, exclu de céder aux protestataires.

Mais "je ne pourrai plus retenir (...) la pression des organisations PSD du pays, qui peuvent faire descendre dans la rue près d'un million de personnes", a expliqué le chef du parti social-démocrate qui a de nouveau mis en cause "une campagne de désinformation" et accusé la mobilisation d'être orchestrée, par le chef de l'Etat de centre droit notamment.

200.000 personnes dans la rue. Les manifestations ont rassemblé quotidiennement quelques 200.000 personnes dans tout le pays pour exiger l'abrogation d'un décret assouplissant la législation anti-corruption, pris mardi soir par le gouvernement sans consulter le parlement.