Rien ne va plus entre Dolce & Gabbana et Milan

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Rien ne va plus entre Dolce & Gabbana et Milan
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Les fondateurs de la célèbre marque de luxe italienne sont en colère contre la mairie de Milan.

La guerre est déclarée entre Dolce & Gabbana et la mairie de Milan. La marque de luxe a décidé de fermer ses neuf boutiques milanaises pendant trois jours pour protester contre le mauvais traitement dont ils s'estiment victimes de la part de la mairie de la capitale italienne de la mode. Dimanche, le maire Giuliano Pisapia a remis de l'huile sur le feu en accusant la marque de "dramatiser".

Une déclaration hors micro. A l'origine de la brouille, une déclaration faite hors micro par Franco D'Alfonso, l'adjoint au commerce de la mairie lombarde, après la condamnation le mois dernier des deux fondateurs de la marque. Domenico Dolce et Stefano Gabbana ont en effet écopé d'une peine d'un an et huit mois de prison pour fraude fiscale. Ils doivent aussi verser 500.000 euros d'indemnisation au fisc. Pour Franco D'Alfonso, cité par le Corriere della Sera, il ne "faudrait pas concéder d'espaces symboles de la ville à des personnages et marques célèbres qui ont été condamnés pour des faits odieux comme l'évasion fiscale".

milan, dolce & gabbana, 460 REUTERS

Polémique sur Twitter. La déclaration a été largement reprise dans la presse et a suscité une polémique sur Twitter entre partisans et détracteurs des deux couturiers. Et vendredi, Domenico Dolce et Stefano Gabbana ont publié un communiqué dans lequel ils annoncent leur décision de "fermer les (neuf) magasins de la ville pour trois jours à partir d'aujourd'hui (vendredi)". "Nous ne sommes plus disposés à subir injustement les accusations de la police financière, du fisc, les attaques des ministères publics et le pilori médiatique auquel nous sommes cloués désormais depuis des années", s'insurgent les créateurs, se disant "fatigués des diffamations et injures constantes qui nous privent de notre sérénité au travail et nous détournent de notre véritable tâche de stylistes". Rappelant qu'ils sont Milanais de naissance, ils soulignent aussi avoir "beaucoup donné à cette ville, du prestige et de la visibilité internationaux, des emplois et du développement économique".

Le maire s'en mêle. Dimanche, c'est le maire de Milan en personne qui est entré dans la danse, accusant les stylistes de "dramatiser", dans une interview au quotidien La Repubblica. "La réaction de Dolce & Gabbana est inacceptable", assure Giuliano Pisapia. La polémique ne semble donc pas près de s'éteindre. D'autant plus qu'une autre marque s'est invitée dans le débat en s'en prenant à la ville de Milan. Beatrice Trussardi, présidente de la marque qui porte son nom, s'est insurgée contre la capitale de la mode, en se demandant : "Qu'est-ce que Milan a fait pour la mode ? Zéro, zéro, zéro".