RFI : le Mali s'engage à tout faire pour retrouver les assassins
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L'ESSENTIEL - Des opérations sont en cours pour tenter de retrouver les assassins des deux journalistes de RFI.

L’ESSENTIEL. L’assassinat n’a pas été revendiqué. Après la mort samedi des journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Kidal, au nord du Mali, les autorités maliennes et les forces françaises tentent de déterminer qui peut être responsable de ces deux meurtres.

• Au moins cinq suspects auraient été arrêtés, selon des sources locales citées par Europe 1. Des "opérations" sont "en cours" pour "identifier un certain nombre de personnes dans des campements", selon Laurent Fabius, qui n'a pas confirmé les arrestations.

• Des policiers français doivent partir pour Bamako.

• Les deux journalistes de RFI ont été "assassinés froidement".

• Les corps doivent être rapatriés en France mardi. François Hollande sera présent..

• "Il va falloir renforcer la présence militaire française au Mali", a indiqué Najat Vallaud-Belkacem.

La France "fera tout". La France fera "tout pour retrouver les auteurs des assassinats" de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, a affirmé Jean-Marc Ayrault en marge d'un déplacement à Saint-Étienne, se disant "profondément touché comme tous les Français" par ce drame. De son côté, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a pris également lundi l'engagement de "tout faire" pour retrouver les assassins. Il a annoncé qu'il assisterait lundi soir à une cérémonie en l'honneur des deux journalistes pour "s'incliner sur (leurs) dépouilles" et qu'il les décorerait à titre posthume au nom du Mali.

De son côté, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, a indiqué que la France allait "sans doute" devoir "renforcer encore" sa présence militaire au Mali "pour pouvoir faire reculer le terrorisme". "Près de 3.000 hommes" sont encore sur place.

Cinq suspects auraient été arrêtés. Depuis samedi, les forces françaises et la gendarmerie malienne quadrillent Kidal pour retrouver les assassins. Selon une source locale de la gendarmerie malienne, au moins cinq suspects auraient été arrêtés dimanche soir, vers 22 heures, dans deux camps où sont maintenus les anciens rebelles du MNLA, le Mouvement national de libération de l’Azawad, indique Dorothée Thiénot, la correspondante d’Europe 1 à Bamako. Ils feraient partie de la tribu des Ifoghas, une tribu touareg. Les militaires français n'ont pas la capacité d'interpeller des personnes et sont accompagnés par des gendarmes maliens. Les cinq suspects devraient être transférés à Gao et seraient en ce moment entre les mains des forces françaises. Cécile Mégie, directrice de la rédaction de RFI, a fait état lundi matin d'"arrestations dans le cadre de l'enquête".

Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française, a indiqué lundi matin qu'il n'était pas en mesure de confirmer ces arrestations, tout en indiquant que des "opérations pour identifier un certain nombre de personnes dans des campements" avaient été lancées dimanche et étaient "en cours" lundi. Samedi, "au moment où les militaires français sont arrivés derrière le pick-up" transportant les deux journalistes, "ils ont vu s'enfuir par très loin, 1.500 mètres à peu près, quelqu'un, l'ont coursé et ne l'ont pas rattrapé". L'entourage de Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, a de son côté affirmé que les forces françaises disposaient "d'indications permettant de remonter la trace" des meurtriers.

Ghislaine Dupont et Claude Verlon

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L'identité des ravisseurs inconnue. Il est difficile de savoir qui est responsable de cet assassinat. L’identité des ravisseurs, qui, selon un témoin, parlaient la langue des Touareg, demeure inconnue. La rébellion touareg du MNLA a condamné les crimes, mais le groupe est divisé dans la région. Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) est également pointé du doigt, tout comme les intermédiaires de petits groupes armés, qui cherchent ensuite à revendre les otages.

> ZOOM : Qui sont les ravisseurs ?

Des policiers français à Bamako. Des policiers français doivent quitter Paris lundi pour se rendre à Bamako, afin d'enquêter sur le meurtre. Ils seront notamment chargés de procéder à des tests ADN. Samedi, une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour des "faits d'enlèvement et séquestration suivis de meurtres en lien avec une entreprise terroriste". L'enquête a été confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et à la sous-direction antiterroriste (SDAT).

"Assassinés froidement ". Seule certitude : les deux journalistes de RFI ont été "assassinés froidement" par des "terroristes", selon le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. "L’un a reçu deux balles, l’autre trois balles". Ghislaine Dupont et Claude Verlon avaient été enlevés samedi par "un petit commando", devant la maison d’un responsable touareg qu’ils venaient d’interviewer.

> TÉMOIGNAGE : "J'ai entendu le véhicule des ravisseurs"

Les corps rapatriés mardi. Les corps des deux journalistes ont été ramenés de Kidal à Bamako par un avion de l’armée française. Leur rapatriement en France doit être organisé mardi. François Hollande sera présent mardi matin à l'aéroport de Roissy à l'arrivée des corps des deux journalistes de Radio France internationale assassinés au Mali, a annoncé lundi soir l'Elysée.

Une zone instable. La région de Kidal, où sont encore stationnés quelque 200 militaires français, est particulièrement instable. Comme l’a reconnu le ministre malien de la Défense, Soumeilou Boubèye Maïda, Kidal est "la seule région [du Mali] pour le moment où la souveraineté de l’État n’est pas effective". Dimanche, la France a annoncé que la "sécurisation de l'ensemble de la zone" de Kidal "et des zones voisines" allait être accrue.

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