Relations avec la France, accusations de torture, Poutine, Trump : ce qu’il faut retenir de l’interview de Bachar al-Assad

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Le président syrien a accordé une interview exclusive à Europe 1 et à nos confrères de TF1. Retrouvez ses principales déclarations.

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Deux mois après la reprise d’Alep, et à l’heure où les discussions pour la paix entre les rebelles et le régime syrien se déroulent à Astana, Bachar al-Assad a accordé jeudi une interview exceptionnelle à Europe 1 et TF1, depuis Damas.

Le président syrien revient au cours de cet entretien sur la place des Occidentaux dans le conflit. Il est aussi interrogé sur Donald Trump, ainsi que sur les détentions, tortures et assassinats qui lui sont reprochés. Bachar al-Assad évoque également François Hollande, qu'il n'a "jamais rencontré", l'élection présidentielle en France qu'il suit "dans les grandes lignes" et plus généralement ses relations avec notre pays. Retrouvez ses principales déclarations.

Sur les assassinats et les tortures qui lui sont reprochés

Interrogé par Fabien Namias d'Europe 1 et Michel Scott de TF1, Bachar al-Assad a réfuté avec force les accusations lancées par le récent rapport publié par Amnesty International, qui fait état de 5.000 à 13.000 personnes pendues en quatre ans dans une prison près de Damas. “Ce rapport est bâti sur des allégations ! Pas un seul document ; pas une seule preuve", a-t-il accusé, refusant catégoriquement la visite d’observateurs internationaux dans le pays. “Non, définitivement non ! (…) Sous aucun prétexte, ou pour quelque raison que ce soit."


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Sur le rôle de la France dans le conflit

Le président syrien a porté de sérieuses accusations contre la politique extérieure de la France. “Depuis le premier jour, [elle] a consisté à soutenir les terroristes en Syrie, et est directement responsable des tueries dans notre pays”, a-t-il dénoncé. 


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Sur François Hollande

Bachar al-Assad s’est également exprimé sur le chef de l’État français. "Je ne l’ai jamais rencontré", a-t-il dit, avant d’ajouter : "Pour être franc, je ne me soucie aucunement de lui et de ses 11% de popularité (21% en réalité, selon le dernier baromètre Odoxa pour L'Express, ndlr), ce qui, je pense, s’appelle toucher le fond comme jamais aucun de ses prédécesseurs dans l’histoire de France."

Sur l’élection présidentielle française

Le président syrien a d’ailleurs avoué suivre la campagne électorale française "dans les grandes lignes, pas dans les détails". Entre les candidats, avec qui il affirme n’avoir eu aucun contact, il dit sentir "une différence, mais à la fin, quelque soit le président élu, quelle sera sa politique ? Celle qu’il prônait avant l’élection, ou une autre ? C’est la question", s’interroge-t-il.

Sur d’éventuels contacts avec les services de renseignement français

Bachar al-Assad a également évoqué jeudi des "contacts indirects" avec les services de renseignement français. "En fait, lors de la visite ici d’une délégation de parlementaires français, l’un d’entre eux était un agent", a-t-il assuré. "Bien sûr le gouvernement français prétend qu’il s’agit de délégation de parlementaires. Ce n’est pas vrai", a lancé le président syrien.


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Sur Vladimir Poutine

La question a été posée à Bachar al-Assad : Vladimir Poutine est-il le vrai décideur en Syrie ? "Non il ne l’est pas. Les Russes n’ont jamais rien fait sans nous consulter", a-t-il répondu, reconnaissant tout de même que "sans le soutien russe, les choses auraient été pires ? Mais jusqu’à quel point ? Nul ne le sait."

Sur Donald Trump

"Je ne pourrai me sentir à l’aise avec Donald Trump que lorsque j’aurai vu sa politique vis-à-vis de la Syrie. Je ne l’ai pas encore vue", a confié Bachar al-Assad au cours de cet entretien. Le dirigeant, questionné sur le décret interdisant l’entrée sur le territoire américain aux ressortissants syriens, ne s’en est pas offusqué. "Ce n’est pas le peuple syrien qui est visé ici. Ce sont les terroristes, qui pourraient s'infiltrer à travers certains immigrants venus à l’Ouest", a-t-il estimé.


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Sur la reprise d’Alep

Deux mois après avoir repris la ville d’Alep, le chef du régime syrien a néanmoins estimé que "l’on peut pas parler d’avoir gagné la guerre”. “Il s’agit d’un pas important sur le chemin qui va nous conduire à battre et éliminer le terrorisme dans notre pays, mais je pense que ce sera un long chemin. Pour une simple raison : parce que les terroristes ont le soutien de nombreux pays occidentaux, y compris la France."

Sur son avenir à la tête du pays

"À la fin de la guerre, on pourra envisager toutes sortes de solutions : les urnes, les élections, tout est possible. D’ici là, le peuple n’a qu’un seul moyen de se prononcer. Ou bien vous soutenir, ou bien ne pas le faire", a assuré Bachar al-Assad, alors que son sort à la tête du pays sera au cœur de la réunion de Genève, qui s’ouvrira le 23 février sous l’égide de l’ONU.


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