Qui en voudrait au Venezuela ?

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Qui en voudrait au Venezuela ?
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Le président par intérim du Venezuela accuse les Etats-Unis de vouloir assassiner Henrique Capriles.

L'INFO. Tout au long de son parcours politique, le président défunt, Hugo Chavez a toujours eu dans le nez les gouvernements américains, accusés de comploter contre lui et son socialisme bolivarien. Son successeur désigné, Nicolas Maduro ne déroge pas à cette règle qui régit la politique étrangère vénézuélienne. Sauf que cette-fois, le complot ne serait pas contre le camp chaviste mais contre l'opposition de centre-droit : selon, le chef de l'Etat par intérim, des responsables américains projetteraient d'assassiner le chef de l'opposition, Henrique Capriles.

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© REUTERS

Dans un entretien à la chaîne de télévision privée Televen, Nicolas Maduro a pointé du doigt deux hommes : Roger Noriega, ancien ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Organisation des Etats américains (OEA), et Otto Reich, sous-secrétaire d'Etat américain et ancien ambassadeur à Caracas. Ils sont, selon le chef d'Etat par intérim, derrière un plan secret visant à éliminer le chef de l'opposition. "De manière responsable, moi, président par intérim de la République du Venezuela, je le dis à Barack Obama : Roger Noriega, Otto Reich, des fonctionnaires du Pentagone et de la CIA, sont derrière un projet d'assassinat du candidat de la droite vénézuélienne", a lancé Nicolas Maduro.

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Pourquoi un tel complot ? Ce plan viserait à déstabiliser le Venezuela à un mois de l'élection présidentielle, à laquelle Henrique Capriles et Nicolas Maduro sont candidats. Toujours selon ce dernier, l'objectif du projet serait de "faire porter la responsabilité (d'un éventuel assassinat) sur le gouvernement" et "de créer le chaos au Venezuela", après la mort d'Hugo Chavez le 5 mars. Nicolas Maduro, qui a également accusé certains opposants d'être de mèche avec le "plan putschiste" dont il affirme l'existence, a indiqué que son gouvernement "allait garantir toute sa protection à tous les candidats présidentiels, en particulier" à Henrique Capriles.

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© Reuters

Que dit l'opposition ? Le leader de l'opposition, gouverneur de l'Etat de Miranda, dans le nord du pays, a déclaré par avance que Nicolas Maduro serait "responsable" de toute action à son encontre. "Quoi qu'il nous arrive, je tiens pour responsable Nicolas Maduro Moros, je le déclare au pays et au monde !", a-t-il prévenu sur son compte Twitter. L'opposition a mardi dénoncé des menaces d'"agression" dont Henrique Capriles aurait fait l'objet avant de présenter sa candidature devant le Conseil électoral. Ce "quadra" va tenter de conquérir la présidence du pays pour la deuxième fois, après avoir perdu l'élection d'octobre contre Hugo Chavez.

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La campagne dans les pas de Chavez. C'est dans cette ambiance de paranoïa que la campagne électorale s'accélère. Comme Hugo Chavez, qui était un grand twitto, Nicolas Maduro s'est mis à la page. Il a inauguré dimanche un compte Twitter avec l'espoir d'occuper le terrain laissé libre par son mentor le jour même où la télévision publique démarrait la rediffusion d'"Allo Président", la célèbre émission chaviste. "Moi, Nicolas Maduro, fils de Chavez, j'accomplirai ce que je t'ai juré, Commandant Suprême. Je mettrai toutes mes forces pour consolider le Socialisme!", martèle le message publié par le titulaire du compte @NicolasMaduro.



"#Chavez, je te le jure que je serai loyal à toi, au Peuple et à la Révolution ! Que nous te livrerons la victoire du 14 avril avec plus de 10 millions de votes! ", a ajouté Nicolas Maduro qui possède également des comptes sur Facebook, une page YouTube et un blog.

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