Procédure de l'UE contre la Pologne : "c'est un coup de semonce"

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Yves Bertoncini, directeur de l'institut Jacques Delors, a expliqué que l'Union européenne n'est pas encore prête à prendre des sanctions contre le gouvernement polonais.

INTERVIEW

Entre la Pologne et l’Union européenne (UE), "on n’en est pas encore" au stade des sanctions, selon Yves Bertoncini. Le directeur de l’institut Jacques Delors, un think tank pro-européen, a expliqué lundi dans la Matinale d’Europe 1 que "pour l’instant, c’est un dialogue qui a été ouvert" entre les deux instances. Une procédure de "sauvegarde de l’état de droit" a été lancée et un débat au Parlement européen est prévu mardi sur la situation politique en Pologne, en raison des inquiétudes apparues après des décisions controversées prises par le pouvoir conservateur.

Vote au Conseil européen. Après ce "coup de semonce", la sanction de l’UE pourrait consister à priver la Pologne de son droit de vote au Conseil européen, qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres. Mais Bruxelles n’est pas prêt d’arriver à cette option "nucléaire", selon Yves Bertoncini. D’autant que cette sanction nécessiterait un vote du Conseil européen, où Varsovie a un allié en la personne du Premier ministre hongrois Viktor Orban.

L'état de droit menacé. Il y a pourtant bien "des questions très sérieuses à se poser sur l’état de droit" en Pologne, reconnaît le directeur de l’institut Jacques Delors. En modifiant les règles de prise de décision du Tribunal constitutionnel et en y plaçant cinq nouveaux juges, l’exécutif a "réduit les contre-pouvoirs". Quant à la loi qui confie la nomination des dirigeants de la télévision et radio publique au ministre du Trésor, c’est comme si on autorisait "Michel Sapin [le ministre français des Finances, NDLR], si on était en France, à virer les présidents de radios et de chaînes publiques".

Yves Bertoncini a cependant rappelé que face à ce gouvernement élu avec 37% des voix sur une participation de seulement 50%, l’opposition ne reste pas muette et que deux manifestations ont notamment rassemblée 50.000 personnes récemment. L’ancien président polonais Lech Valesa, figure emblématique du pays, "a clairement pris ses distances" avec Varsovie, en critiquant le gouvernement lors de déplacements à l’étranger.