Présidentielle au Gabon : Ping à l'assaut de la dynastie Bongo

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Présidentielle au Gabon : Ping à l'assaut de la dynastie Bongo
@ MARCO LONGARI / AFP
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Les Gabonais ont commencé à voter samedi pour élire leur président dans un scrutin à un seul tour mettant aux prises deux favoris : le chef de l'Etat sortant, Ali Bongo Ondimba et l'ancien président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping.

Les Gabonais ont commencé à voter samedi matin pour l'élection présidentielle opposant le chef de l'Etat sortant, Ali Bongo Ondimba, et son principal rival Jean Ping, un ex-cacique du régime qui prétend mettre un terme à la dynastie au pouvoir depuis 50 ans.

628.000 électeurs. Les premiers bureaux de vote ont ouvert peu avant 8h à Libreville, soit avec près d'une heure de retard sur l'horaire prévu. L'affluence était faible en ce début de matinée dans la capitale. Au total, quelque 628.000 électeurs sont appelés à choisir leur futur président. Les bureaux doivent fermer à partir de 18h. Le scrutin à un seul tour se déroule dans un contexte économique très difficile pour le petit pays d'Afrique centrale dépendant des recettes pétrolières, et frappé de plein fouet par la chute des cours du baril. Un tiers des quelque deux millions d'habitants vit dans la pauvreté malgré de grandes richesses forestières et minières.

Au coude à coude. Ali Bongo Ondimba, 57 ans, élu en 2009 après la mort de son père Omar resté 41 ans au pouvoir, affronte neuf candidats, dont l'ancien patron de l'Union africaine Jean Ping, 73 ans, plusieurs fois ministre sous Bongo père. Alors que le président-candidat partait largement favori pour un nouveau septennat face à une opposition dispersée, le rapport de force s'est rééquilibré avec l'alliance de l'opposition autour de Jean Ping le 16 août, deux autres poids lourds de la vie politique locale s'étant désistés en sa faveur. "Il y a un risque de voir revenir certaines personnes qui ont fait tant de mal à notre pays", a déclaré vendredi Ali Bongo en visant Jean Ping, au terme d'une campagne à l'américaine menée à grand renfort de moyens.

Accusations de fraudes. Des dizaines d'observateurs de l'Union européenne (UE) et de l'Union africaine (UA) sont déployés dans tout le pays pour suivre les opérations de vote et de dépouillement. Cette présence va-t-elle garantir une élection "transparente, libre et démocratique" comme l'affirme le pouvoir ? "Nous savons qu'Ali Bongo va essayer de tricher, tout comme il l'a fait en 2009", a lancé Jean Ping, qui a reconnu avoir été lui-même témoin de fraudes quand il était au cœur du pouvoir sous Omar Bongo. Les deux camps se sont accusés vendredi d'organiser des rachats de cartes d'électeurs.

Un risque de violences ? Vendredi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté les candidats "à faire preuve de retenue" et "à s'abstenir de toute incitation à la violence" avant, pendant et après le scrutin. Car cette question taraude les Gabonais : des troubles vont-ils éclater après la proclamation des résultats attendue dans les trois jours après le vote ? "Des violences se préparent dans certains quartiers de Libreville et à Port-Gentil. En 2009, des émeutes avaient éclaté dans la capitale économique Port-Gentil à l'annonce de la victoire d'Ali Bongo (plusieurs morts, couvre-feu, consulat de France incendié...). L'ambassade de France a délivré des "consignes habituelles" à ses quelque 10.000 ressortissants enregistrés dans le pays : "faire preuve de discrétion et de neutralité, limiter les déplacements et éviter les lieux de rassemblement".