Présidentielle au Brésil : Bolsonaro, le candidat d'extrême-droite, largement en tête au 1er tour

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Présidentielle au Brésil : Bolsonaro, le candidat d'extrême-droite, largement en tête au 1er tour
Avec 46,46% des voix, Jair Bolsonaro devance largement son rival, le candidat du Parti des Travailleurs (PT, gauche) Fernando Haddad.@ CARL DE SOUZA / AFP
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Dimanche, le candidat d'extrême-droite a recueilli 46,46% des voix au 1er tour de la présidentielle, devançant le candidat du Parti des Travailleurs (28,69%).

Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro s'est très facilement qualifié dimanche pour le deuxième tour de la présidentielle au Brésil, mais devra livrer à la gauche un duel à l'issue très incertaine dans un pays polarisé.

46,46% des voix. Celui qui caracolait en tête des intentions de vote depuis des semaines et se disait convaincu d'être élu président dès le 1er tour a recueilli 46,46 % des voix, selon des résultats quasi-définitifs (98% des bulletins dépouillés) publiés dans la soirée. Il devance largement son rival, le candidat du Parti des Travailleurs (PT, gauche) Fernando Haddad, remplaçant de l'ex-président incarcéré et inéligible Lula, qui obtient 28,69 %.

Les premiers résultats partiels annoncés par le Tribunal supérieur électoral (TSE) ont été accueillis avec des cris de joie par les partisans de Fernando Haddad. Une grande déception régnait en revanche chez les partisans de Bolsonaro. Réunis devant son domicile à Rio, des partisans de l'ex-capitaine de l'armée qui avait été poignardé lors d'un meeting en plein air début septembre saluaient toutefois en chantant le gros score du candidat, bien au-dessus des 40 à 41% dont l'avaient crédité les dernières enquêtes d'opinion samedi. Son propre fils, Flavio, député fédéral, a été, lui, élu sénateur dès le premier tour.

"Problèmes avec les urnes électroniques". Jair Bolsonaro a affirmé, au soir de ce premier tour, être "certain" qu'il aurait élu si des "problèmes avec les urnes électroniques" n'étaient pas survenus. "Je suis certain que si ça n'avait pas eu lieu, nous aurions eu dès ce soir le nom du président de la République. C'est notre liberté qui est en jeu", a déclaré le candidat dans une vidéo sur Facebook. "On nous a rapporté de nombreux problèmes avec les urnes (...) Nous ne pouvons pas rester sans rien dire. Nous allons réclamer au Tribunal supérieur électoral (TSE) des solutions", a-t-il ajouté.

Un discours sécuritaire. Les Brésiliens ont voté en masse pour le candidat d'extrême droite, portés par l'espoir d'un changement dans ce pays en crise, qui ne parvient pas à endiguer la violence et la corruption. Pour de nombreux électeurs, le candidat d'extrême droite est apparu comme l'homme de la situation, avec son discours sécuritaire qui préconise la libéralisation du port d'armes. Il a aussi bénéficié d'un fort sentiment anti-PT, au pouvoir de 2003 à 2016.

Les électeurs du centre, objets de convoitise. Le duel du 28 octobre pour succéder au très impopulaire Michel Temer s'annonce particulièrement imprévisible, et les électeurs du centre feront l'objet de toutes les convoitises. Ciro Gomes (PDT, centre gauche), éliminé de la course avec 12,5% des intentions de vote, était paradoxalement le plus à même de battre Bolsonaro au 2e tour.  Le PT, vainqueur des quatre dernières élections et qui suscite un fort sentiment de rejet, va devoir nouer des alliances, avec lui en priorité. Interrogé dimanche soir sur ses intentions, Ciro Gomes s'est borné à dire qu'il continuerait de "lutter pour la démocratie et contre le fascisme".


L'ex-présidente Dilma Rousseff échoue à être élue sénatrice. L'ex-présidente de gauche Dilma Rousseff, destituée en 2016 par le Parlement au Brésil, a échoué dimanche dans sa tentative de briguer un siège de sénatrice dans l'Etat de Minas Gerais. Se présentant sous les couleurs du Parti des travailleurs (PT), elle est arrivée en quatrième position, avec 15,06% des voix, selon des résultats quasi-définitifs portant sur 97% des bulletins. Pour les analystes, cette déroute est un "coup dur" politique pour l'ancienne cheffe de l'Etat, balayée par une vague "anti-pétiste" qui associe le parti de l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, emprisonné, à la corruption et Dilma Rousseff à une mauvaise gestion économique.