Présidentielle américaine : "l'ingérence d'Obama dans la campagne était mal placée"

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Éditorialiste au New York Times, Roger Cohen a attribué la désormais quasi-certaine victoire de Trump à l'impopularité d'Obama, engagé aux côtés de Clinton, et au mépris des élites libérales pour une partie des électeurs.

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Alors que Donald Trump se rapproche de plus en plus sûrement de la victoire, observateurs et spécialistes tentent d'expliquer la défaite de sa rivale, Hillary Clinton. Selon Roger Cohen, éditorialiste au New York Times, Barack Obama n'y est pas pour rien. "L'ingérence directe, personnelle, du président américain dans la campagne, était mal placée. C'était exagéré, et à la fin inacceptable", a-t-il souligné sur Europe 1. 

Sentiments contre Obama. Irene Finel-Honigman, proche du couple Clinton, partage ce point de vue. Pour elle, la candidate démocrate a fait une erreur en présentant son mandat comme le troisième de Barack Obama. "Malgré le fait qu'il soit populaire, il y a aussi énormément de sentiments contre Obama. Le fait qu'Obama Care crée beaucoup de problèmes et de difficultés [joue beaucoup]." 

"Arrogance incroyable" des élites. Autre explication : le "mépris étonnant" des "élites libérales aux Etats-Unis", a analysé Roger Cohen. "Il y a eu une arrogance incroyable. [L'élite] n'a jamais pris Donald Trump au sérieux." Et Donald Trump en a bien profité. "Cela a été [sa] stratégie depuis le début", a souligné Benjamin Haddad, chercheur à l'Hudson Institute et spécialiste des questions internationales. "Il a décidé de faire de cette campagne un référendum sur les élites. Washington, c'est une bulle, un microcosme où les gens n'ont pas vu venir ce phénomène."

Discours protectionniste qui marche. Preuve en est, par exemple, avec les résultats dans le Michigan, remporté par Donald Trump. "La dernière fois que les Républicains l'ont gagné, c'était il y a 30 ans", a rappelé Benjamin Haddad. "Le Michigan, c'est un État de la ceinture rouillée, industriel, avec une classe ouvrière blanche, qui souffre des inégalités, des délocalisations. [Autant de] sujets qui ne sont pas du tout abordés au sein de l'élite américaine. Donald Trump, avec un discours protectionniste, isolationniste et xénophobe, a surfé là-dessus."