Pourquoi la primaire américaine se jouera dans l’Indiana

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Pourquoi la primaire américaine se jouera dans l’Indiana
@ John Sommers II / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Donald Trump s’apprête à passer le cap des 1.000 délégués mardi dans cet Etat du Midwest, devenu un scrutin décisif pour le camp républicain.

Donald Trump sera-t-il fixé mardi ? Le candidat républicain pourrait passer le cap des 1.000 délégués dans l’Indiana, où se tiennent les primaires républicaine et démocrate. Même s’il remporte les 57 délégués en jeu, le milliardaire ne passera pas le cap des 1.237 (délégués) nécessaires à son investiture. En revanche, l’Indiana pourrait donner un coup de pouce décisif au candidat républicain, avant le vote en Californie le 7 juin.  

  • L’avantage à Trump

"Il pourrait gagner tous les délégués". Pour Nate Cohn, journaliste au New York Times, le scrutin de mardi soir dans l’Indiana laisse peu de place au doute. Donald Trump – qui comptabilise 956 délégués pour le moment -  pourrait, en effet, remporter l’ensemble des 57 délégués en jeu, grâce à la règle du "winner-take-most". La règle est simple : chacun des neuf districts de l’Indiana attribuera trois délégués au candidat qui remporte le scrutin localement, soit 27 au total. Puis les 30 délégués restant seront attribués au candidat qui a réuni le plus de voix au niveau de l’ensemble de l’Etat.

Avec 49% d’intentions de vote, selon un nouveau sondage NBC/Wall Street Journal/Marist, Donald Trump se détache clairement de ses deux rivaux : Ted Cruz (34%) et John Kasich (13%). Il pourrait donc remporter les 57 délégués, ce qui lui permettrait de passer le cap symbolique des 1.000 délégués. "Il ne lui en manquera alors que 237 pour être investi par son parti au mois de juillet", souligne Julien Zarifian, maître de conférence en civilisation américaine à l’université de Cergy-Pontoise, interrogé par Europe 1.

Il suffira alors à Donald Trump de récolter les 172 délégués de Californie le 7 juin prochain et de remporter quelques autres Etats, sur les dix qui doivent encore voter - dont certains lui sont déjà quasiment acquis - pour confirmer sa place dans la course à la Maison-Blanche. En revanche, les projections statistiques montrent que si Donald Trump perd l’Indiana, alors il aura peu de chance d'obtenir la majorité nécessaire à son investiture.

C’est une population particulièrement sensible à sa rhétorique

Aléa du calendrier ou encore hasard statistique, c’est donc dans l’Indiana que se jouera la partie. Pourtant, rien ne présageait que les primaires prendraient un tournant déterminant dans cet Etat du Midwest. "On ne pouvait pas le prévoir. On découvre en même temps qu’évoluent les résultats du vote, que l’Indiana peut être un pivot de cet élection", explique Julien Zarifian. "Longtemps, les spécialistes ont imaginé des victoires précoces des deux côtés, républicain et démocrate. Finalement, la course s’est prolongée, faisant de l’Indiana un Etat clef", souligne, pour sa part, François Durpaire, spécialiste des Etats-Unis, sur Europe 1.

La démographie de cet Etat de la région des Grands lacs joue en la faveur du milliardaire. Les six millions d’habitants que compte l’Etat sont majoritairement blancs et plutôt peu diplômés, soit la base de l’électorat de prédilection de Donald Trump. "C’est une population particulièrement sensible à sa rhétorique sur l’immigration, les traités internationaux, sur la position de l’Amérique par rapport au reste du monde", poursuit l’historien Julien Zarifian.

Mais la partie n’est pas jouée pour autant, mettent en garde les spécialistes. Ted Cruz pourrait très bien s’en sortir aussi. Dans ce cas Donald Trump devrait miser sur les dix Etats restant pour récolter le maximum de délégués. Et si l’homme d’affaires new-yorkais n’atteint pas le cap des 1.237 délégués, alors il pourrait peut-être compter sur les dizaines de délégués "non engagés" qui se prononceront lors de la Convention à Cleveland du 18 au 21 juillet prochain. Mais pour le principal intéressé, sa victoire est déjà acquise. "Si je gagne l'Indiana, c'est fini", a-t-il lancé en fin de semaine dernière, lors d'une réunion de campagne dans cet Etat du nord des Etats-Unis.