Philippines : la loi martiale dans le sud pourrait durer un an

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Philippines : la loi martiale dans le sud pourrait durer un an
Rodrigo Duterte a promis d'être "dur" contre le terrorisme.@ ROSLAN RAHMAN / AFP
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Le président philippin Rodrigo Duterte envisage de maintenir la loi martiale à Mindanao pendant un an, alors que la Constitution ne la prévoit que pour 60 jours.

Le président des Philippines Rodrigo Duterte a annoncé mercredi que la loi martiale qu'il a instaurée à Mindanao, dans le sud du pays, pourrait être en vigueur pendant un an.

Rétablir l'ordre. Rodrigo Duterte a instauré la loi martiale mardi à Mindanao afin de rétablir l'ordre dans cette île où ont lieu des accrochages avec des combattants liés à l'organisation Etat islamique. "Si cela prend un an pour le faire, ou si c'est terminé en un mois, je serai content", a-t-il déclaré dans une vidéo mise en ligne par le gouvernement. S'adressant aux Philippins, Rodrigo Duterte leur rappelle dans cette vidéo que le pays a connu la loi martiale pendant la président de Ferdinand Marcos, qui a duré deux décennies et a pris fin avec une révolution en 1986.

"Dur" avec le terrorisme. Ce qui est envisagé concernant Mindanao "pourrait ne pas être différent de ce que Marcos a fait", dit Rodrigo Duterte dans sa vidéo, enregistrée juste avant qu'il n'abrège la visite officielle qu'il effectuait à Moscou pour rentrer en urgence aux Philippines en raison de la situation dans le sud. Duterte a promis d'être "dur" contre le terrorisme, soulignant qu'il s'agissait d'une de ses promesses de campagne électorale l'année dernière. "Je dois le faire pour préserver la République des Philippines, le peuple philippin", a-t-il dit.

Ignorer la Constitution ? La Constitution ne prévoit l'instauration de la loi martiale que pour une durée de 60 jours en cas de rébellion ou d'invasion. Rodrigo Duterte, qui a suscité de nombreuses critiques dans le monde avec sa guerre contre la drogue qui a fait des milliers de morts, a régulièrement déclaré qu'il était prêt à ignorer la Constitution s'il jugeait nécessaire d'instaurer la loi martiale.