Paul Magnette: "Il fallait que le Ceta corresponde à notre modèle de société"

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Invité de la matinale d'Europe 1, Paul Magnette, le ministre-président de la Wallonie, a assuré que les débats parlementaires étaient en bonne voie vers une adoption rapide du traité de libre-échange avec le Canada.

INTERVIEW

Le Premier ministre de la Belgique a finalement annoncé jeudi qu’un accord avait été trouvé entre les différentes parties belges sur le Ceta, après des jours d’opposition de la part de la Wallonie. "Une excellente nouvelle" s’est aussitôt félicité l’ambassadeur canadien, alors même que quelques heures plus tôt le sommet prévu à Bruxelles pour la signature de cet accord de libre-échange UE-Canada avait dû être annulé.

"Tous les exécutifs sont sur la même ligne", a assuré Paul Magnette, au micro de la matinale d’Europe 1 vendredi. "L’accord doit être possible mais je ne veux pas préjuger des droits du parlement et des débats qui vont avoir lieu toute la journée", nuance-t-il cependant, avant d’ajouter : "L’évolution est positive". Le verdict définitif est attendu en fin de journée.

Le Canada,"un pays ami". "On n’avait pas pour but de faire échouer le sommet avec le Canada, et je remercie nos amis canadiens pour leur infinie patience et leur très grande compréhension", a tenue à préciser Paul Magnette . "On n’est pas contre les traités avec le Canada, bien au contraire, c’est un pays ami, c’est un pays dont on est très proche et dont on partage les valeurs. Mais, il fallait que le concept de ce traité, ce qu’il représente, corresponde à notre modèle de société".

Accorder plus de temps aux débats. "On a vu par le passé que l’on adaptait les traités à la va vite, sans contrôle parlementaire, et l’on découvrait quelques années plus tard tous les effets délétères que ça pouvait avoir", avance encore le ministre-président de la Wallonie au micro de Jean-Pierre Elkabbach. "Je ne pense pas qu’il y ait trop de démocratie dans les débats sur les traités internationaux, je pense qu’il n'y en a pas assez. Si on avait fait les débats démocratiques en amont, avant de donner les mandats à la Commission européenne, si on avait régulièrement rendu compte de l’avancement des négociations, si on avait pris un long temps d’explication sur les résultats de ces négociations, je pense que les choses se seraient mieux passées… Mais on veut absolument faire passer les choses en force", a-t-il notamment déploré à propos du mécanisme des institutions européennes.

La déception de Jean-Luc Mélenchon. En France, la résistance du parlement wallon face à Bruxelles a d’abord été saluée par certains eurosceptiques. "La Belgique a capitulé", a finalement tweeté Jean-Luc Mélenchon jeudi, après l’annonce d’un compromis. "Tous ce qui est excessif est insignifiant", répond Paul Magnette. "Je rappelle que nous, les Wallons, sommes les seuls à avoir mené ce combat. Dans tous les autres Etats membres ce traité est un peu passé comme une lettre à la poste. Il n’y a eu nulle part de débat parlementaire avant la signature", souligne-t-il.



Le refus de Paul Magnette a été célébré par une très large partie de l’opinion ces derniers jours. La réalisation de l’accord risque-t-elle d’être incomprise et d'entacher sa popularité ? "Je sais qu’il y aura un grand travail de pédagogie à faire, mais j’ai toujours dit que nous n’étions pas contre ce traité", souligne l’élu.