Palmyre : "tuée pour avoir contesté l'obligation de se couvrir le visage"

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Palmyre : "tuée pour avoir contesté l'obligation de se couvrir le visage"
Badrieh recherche le corps de sa fille, tuée par Daech à Palmyre.@ EUROPE1 / Xavier Yvon
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Europe 1 a rencontré la mère d'une femme exécutée par Daech à Palmyre avant la reprise de la ville.

REPORTAGE

Un peu plus d'une semaine après la reprise de la cité de Palmyre par l'armée du régime syrien, les proches des disparus cherchent, sur place, les corps. L'envoyé spécial d'Europe 1 à Palmyre a rencontré Badrieh, une femme à la recherche du corps de sa fille, tuée par l'Etat islamique. Pour la retrouver, elle n'a que très peu d'informations. Tout ce qu'elle sait tient sur une feuille de papier soigneusement pliée. Avec un regard triste, Badrieh sort de son sac ce certificat de décès surmonté du drapeau de l'Etat islamique. La raison de cette exécution tient sur une ligne : "tuée pour avoir contesté l'obligation de se couvrir le visage".

Plus de nouvelles. Avant ce papier, Badrieh n'avait plus aucune nouvelle de sa fille Fatma, une enseignante de 42 ans. "Je suis restée un mois à Palmyre, on me renvoyait d'un lieu à un autre. Certains disaient qu'elle était vivante, d'autres qu'elle était morte. Finalement, ils m'ont envoyé dans une administration de Deach et quelqu'un m'a dit 'prends ce papier, nous avons tué ta fille'. Je lui ai demandé pourquoi et il m'a simplement dit qu'elle avait été tuée parce qu'elle s'est moquée de la religion", raconte-t-elle à Europe 1.

xavier yvon palmyre daech

Un espoir en vue. Sa fille était sortie chercher du pain et est tombée sur les hommes de l'Etat islamique. Malgré leurs injonctions, elle a refusé de porter le niqab. Les habitants de Palmyre ont dit à sa mère qu'elle avait été tuée par balle, mais il est impossible de vérifier l'information ou de récupérer son corps. "Je suis allé voir la police de Daech et j'ai demandé 'où est le corps de ma fille ?'. On m'a dit 'partez, ce n'est pas important l'endroit où elle est enterrée'", se souvient-elle. Un charnier a été découvert à Palmyre avec une quarantaine de corps. Badrieh et son mari espère donc y retrouver, enfin, la dépouille de leur fille.