Otan : "Après deux décennies de fonte des budgets, on réinvestit le domaine de la défense"

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Les pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord se sont engagés, sous la pression des Etats-Unis, à porter à 2% de leur PIB les dépenses consacrées aux armées dans les prochaines années.

INTERVIEW

"Je crois en l'Otan". Malgré les critiques virulentes avec lesquelles il a entamé à Bruxelles le sommet de l'Otan, Donald Trump s'est livré jeudi, après 48 heures de rencontres, à un grand plaidoyer pour cette alliance qui perdure depuis près de 70 ans. Le président américain a notamment pu se féliciter d'avoir poussé ses partenaires européens et canadiens à revoir à la hausse leurs budgets militaires. "Après deux décennies de fonte des budgets de défense, et une histoire qui était celle des dividendes de la paix, on réinvestit le domaine de la défense", a commenté vendredi, au micro d'Europe 1, Camille Grand, le secrétaire général adjoint de l'Otan.

Une meilleure répartition du fardeau. Au cœur des débats : le contentieux sur la dépense militaire, Donald Trump estimant que les Etats-Unis fournissent dans ce domaine le plus gros de l'effort. "Il y a eu des discussions franches, très directes, par forcement prévues, entre les chefs d'Etat et de gouvernent, autour du partage du fardeau, c'est à dire des équilibres financiers entre les Etats-Unis, les alliés européens et le Canada", reconnaît Camille Grand. Le président américain "a dit avec beaucoup de franchise, et dans le style qui est le sien, son insatisfaction sur les équilibres de dépenses militaires entre les Etats-Unis et les autres alliés". Même si, ces deux dernières années, c'est en Europe et au Canada que les dépenses consacrées à la défense au sein de l'Otan ont le plus augmenté, avec un total de 41 milliards de dollars.


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2% du PIB. Donald Trump a finalement pu obtenir gain de cause. "La sortie a été plutôt constructive puisque l'on a la réaffirmation très claire d'aller vers les 2% du PIB consacré à la défense" par pays, indique Camille Grand. Un engagement que la France est déjà sur le point de mettre en application, puisque la nouvelle loi de programmation militaire, qui va porter à 300 milliards d'euros le montant des crédits cumulés aux armées d'ici 2025, doit être promulguée vendredi 13 juillet, veille de la Fête nationale. 

Un monde en crise. Pour Camille Grand, les récentes crises qui ont ébranlé l'Europe - avec l'annexion de la Crimée - et le Moyen Orient, avec notamment la guerre civile en Syrie et l’essor du terrorisme islamiste, "ont peut-être forcé les Européens à ouvrir les yeux, et à regarder le monde stratégique tel qu'il est, c'est-à-dire un environnement extrêmement difficile, compétitif, où les crises existent à la fois dans le périmètre immédiat de l’Europe et plus loin".