Otages d'Arlit : une information judiciaire ouverte

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Otages d'Arlit : une information judiciaire ouverte
Le président de la République est arrivé à l'aéroport de Villacoublay pour accueillir les otages.@ REUTERS
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RÉCIT - Accueillis par François Hollande mercredi, ils ne se sont pas encore exprimés publiquement.

#L'ESSENTIEL

• Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret, enlevés il y a trois ans à Arlit au Niger, ont été libérés mardi et sont de retour en France.

• Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères assurent qu'il n'y a pas eu de rançon. Mais selon les informations d'Europe 1, il y a bien eu une contrepartie financière.

• Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris.

>>> Voici les dernières informations sur la libération des otages :

• Des tentatives d'évasion. Certains otages d'Arlit ont tenté de s'évader pendant leur détention, a affirmé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian sur France 2, au lendemain de leur libération. Racontant le voyage de retour en avion en leur compagnie, le ministre de la Défense a expliqué que les otages avaient parlé "de tout ce qu'ils avaient vécu" et notamment "des tentatives d'évasion". "Ils le raconteront s'ils le veulent", a-t-il ajouté, quelques heures après le retour en France de ces quatre otages.

• Une information judiciaire ouverte. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour enlèvement et séquestration en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste et mise en danger de la vie d'autrui. L'ouverture de cette enquête n'est pas liée à la libération des otages.

• Une "immense joie". A l'issue d'une réunion dans le pavillon d'honneur, le président a pris la parole devant les journalistes. "C'est une immense joie de retrouver leurs famille, leur pays, retrouver une vie, une vie libre. Je veux saluer leur courage. Trois ans d’épreuves (...) Ce sont de grands citoyens français qui ont fait honneur à la France dans leur captivité", a déclaré François Hollande. Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret n'ont pas souhaité prendre la parole devant les caméras. Ce n'est pas pour eux "le temps des expressions", a expliqué le président français. Les ex-otages vont "reprendre contact et ensuite, ils pourront s'exprimer comme ils l'entendront", a affirmé François Hollande devant les journalistes.

• L'avion se pose à Villacoublay. L'avion s'est posé mercredi vers 11h45 sur l'aéroport militaire de Villacoublay. François Hollande était sur le tarmac en compagnie des familles, très émues de revoir leurs proches après trois ans. Ils vont s'isoler dans le pavillon d'honneur de l'aéroport, prendre un petit-déjeuner, avant d'aller subir des examens médicaux à l'hôpital du Val-de-Grâce.

 • Ils quittent le Niger. L'avion ramenant en France les quatre ex-otages français a décollé un peu avant 7 heures du matin.

Images de France 2 :

Le ministre de la Défense a posté une photo sur son compte Twitter :



 

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© Thierry Munch © Sirpa Terre

• Une nuit à la Villa Verte. Les otages sont arrivés à Niamey dans un hélicoptère de l'armée nigérienne peu avant 19 heures mardi soir. Ils ont été accueillis dans un salon d'honneur de l'aéroport par Laurent Fabius, Jean-Yves Le Drian et le président nigérien Issoufou. Ils ont ensuite été emmenés dans une résidence de la présidence : la Villa Verte. C'est le lieu d'accueil des hôtes de marques, qui se trouve juste à côté du palais présidentiel.

Les otages ont pu prendre une douche. Ils ont ensuite été examinés par un médecin français. Tous sont très marqués, affaiblis mais en bonne santé pour des hommes qui ont passé trois années en détention, dont la plupart en plein désert. Les otages ont ensuite pu téléphoner à leurs familles grâce à des téléphones prêtés par les autorités françaises. Les quatre hommes ont ensuite dîné avec les ministres français.

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© BFMTV


• Y a-t-il eu une rançon ? Selon les informations de Gwendoline Debono, grand reporter à Europe 1, une rançon autour de 20 à 25 millions d'euros a bien été versée par l'Etat français pour obtenir la libération des quatre otages. Cela, plusieurs sources proches des négociations, à Paris et au Niger l’ont assuré : "il n’y avait pas beaucoup d’options", raconte l'une d'elles à Europe 1. Au Sahel, il est parfois possible de conclure des libérations sans verser un centime, notamment grâce à des échanges de prisonniers mais dans cette négociation, il n'y avait pas de marge de manœuvre : "les ravisseurs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) voulaient de l’argent. Ils étaient fermes sur ce point, d’autant qu’ils en avaient déjà eu", poursuit un bon connaisseur du dossier. Pour libérer ces quatre otages français, les négociateurs à la manœuvre depuis le mois de juin ont donc surtout travaillé à faire baisser la somme demandée au départ.

A l’époque, raconte un spécialiste du Sahel, les ravisseurs parlaient de 80 millions d’euros, mais cette rançon était considérée comme totalement exorbitante et inacceptable. Un accord a finalement été trouvé il y a une quinzaine de jours. Le montant se chiffre toujours en millions d’euros, mais très largement à la baisse, confie une source locale. C’est la clé du dénouement même si cela ne pourra jamais être reconnu officiellement. Il s'agit d'une question de doctrine, de différence entre la position de principe, et le principe de réalité.

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