Obama ne veut plus décrocher la Lune

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Obama ne veut plus décrocher la Lune
@ Reuters
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L’ambition d’envoyer l’homme sur la Lune ne figure pas dans le budget 2011, faute de moyens.

Les américains Harrison Schmitt et Eugene Cernan resteront pendant des très longues années encore les derniers hommes à avoir foulé le sol lunaire. C’était en décembre 1972. En 2004, les Etats-Unis avaient pourtant relancé un programme pour à nouveau envoyer l’homme sur la Lune dans les années 2020. Mais ce projet de la Nasa, baptisé Constellation, a été abandonné. La Maison–Blanche l’a confirmé lundi.

"Nous proposons l'annulation du programme Constellation de la Nasa, tout en faisant d'autres investissements dans la recherche et développement", a indiqué lors d'une conférence téléphonique le responsable du budget du président Barack Obama, Peter Orszag. Le projet Constellation, lancé par George Bush un an après l’explosion de la navette Columbia en 2003, a déjà coûté plus de 9 milliards de dollars à la Nasa, mais il est désormais victime de la restriction générale des dépenses.

Une longue bataille avec l'URSS

L'exécutif, qui doit proposer d'augmenter le budget de la Nasa de 5,9 milliards de dollars sur cinq ans, souhaite à la place encourager le développement de véhicules et lanceurs commerciaux vers la Station spatiale internationale (ISS), d'après la Maison-Blanche, avec un premier vol envisagé pour 2015, voire plus tôt. Mais ce changement de cap devrait encore faire grogner le congrès, où beaucoup soutenaient Constellation.

Cette décision pourrait en tout cas marquer une longue pause dans la conquête et même la colonisation de la Lune. Dans les années 1960, les Etats-Unis et l’Union soviétique s’étaient livrés une bataille symbolique pour être les premiers à envoyer un homme sur le satellite naturel de la Terre. Une bataille remportée le 20 juillet 1969 par les Américains avec les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune.

Vaincue, l’URSS avait progressivement abandonné cette idée dans les années 1970. Faute d’émulation, les Etats-Unis avaient également jeté l’éponge face aux coûts astronomiques des missions lunaires.