Obama charge Romney

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Obama charge Romney
Barack Obama tient samedi 5 mai ses deux premiers meetings officiels de la campagne, en Ohio et Virginie.@ REUTERS
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Le président américain tient samedi ses deux premiers grands meetings de campagne.

"Nous sommes prêts à y aller." Jim Messina, directeur de campagne de Barack Obama, est pressé d’en découdre. Et il ne va pas tarder à être satisfait. La campagne du président sortant américain a commencé samedi, à six mois de la présidentielle. Deux grands meetings se tiennent en Ohio et Virginie, deux Etats susceptibles de faire basculer l'élection de novembre.

Barack Obama avait formellement lancé la campagne en vue de sa réélection l'an dernier, à Chicago. Mais l'agenda officiel était resté jusqu’alors limité aux évènements destinés à lever des fonds. Fin avril, son équipe publie une vidéo dévoilant sont nouveau slogan : "Forward", "en avant".

Le clip vidéo :

Et ce week-end marque une nouvelle étape, au sein de deux Etats dans lesquels il s’était imposé en 2008. Une nouvelle étape qui intervient au moment où les doutes semblent définitivement levés sur l’adversaire. Mitt Romney est en passe de remporter les primaires américaines. Et il devient ainsi la cible principale du président sortant, qui l’accuse déjà de candidat des riches, égoïste et carriériste.

"Plus vaste campagne de l'Amérique moderne"

"Mitt Romney sera le président des mauvaises idées, en voulant diminuer les impôts pour les riches et les dépenses dans les programmes sociaux. Contrairement à ce qu'il dit, les entreprises ne sont pas des personnes. Les personnes sont des personnes! On ne peut pas lui laisser sa chance", a lancé Barack Obama samedi dans l'Ohio, devant un public conquis. "Pendant que Mitt Romney a été fort occupé à se faire apprécier du Tea Party et à faire des promesses qu'il ne peut pas tenir, nous avons organisé de notre côté la plus vaste campagne populaire de l'histoire de l'Amérique moderne", renchérit Jim Messina.

Barack Obama a vu sa cote de popularité s’écorner depuis quelques temps, passant et restant sous la barre des 50%. "Mais sa cote de popularité est moins importante que sa capacité à faire contraste entre lui-même et Mitt Romney, par sa personnalité et son positionnement politique", analyse pour la chaine Arte le spécialiste de la politique américaine Nicolas Dungan. Nicolas Dungan.

Séduire les femmes et les jeunes

En ces temps de fort chômage, de croissance en berne et de dette considérable, le président sortant va avant tout devoir convaincre que son modèle économique, un équilibre entre intervention de l’Etat, baisse des dépenses et hausse des impôts des riches, est le bon. Et qu’il faut poursuivre dans cette voie pour récolter les fruits de son mandat. Car l’ultralibérale Mitt Romney ne retient pas ses coups, et accuse en rafale l’administration Obama de dégrader le pays

Barack Obama s'y est donc attelé dès samedi dans l'Ohio. "Nous n'avons pas abandonné", a-t-il dit avant d'ajouter: "cette crise a pris des années à ce dérouler et l'économie connait toujours des difficultés et cela nécessitera des efforts soutenus, persistants, les vôtres et les miens pour que l'Amérique se remette entièrement".

Le président américain pourra également mettre en avant son bilan international plutôt positif, notamment marqué par la mort de Ben Laden. Il devra également faire fructifier sa popularité auprès de deux électorats importants : les femmes et les jeunes, pour l’instant plutôt acquis à sa cause. Et combattre un ennemi dangereux : l’abstention. "Barack Obama devra cultiver son électorat habituel et le faire voter, résume Nicolas Dungan. C'est le grand problème aux Etats-Unis car il y a beaucoup moins de gens qui vont voter qu'en France."