Nucléaire iranien : un enthousiasme mesuré chez les Occidentaux

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Nucléaire iranien : un enthousiasme mesuré chez les Occidentaux
@ AFP/BRENDAN SMIALOWSKI
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RÉACTIONS - L’heure n’est pas à l’exultation après l’accord-cadre trouvé sur le nucléaire iranien. Les dirigeants occidentaux restent prudents sur son aboutissement final.

C’est un pas en avant historique. L’Iran et les pays occidentaux se sont entendus jeudi sur un accord-cadre sur la question du nucléaire iranien. S’il est finalisé au mois de juin, il permettra de lever les sanctions pesant sur Téhéran, qui devra en échange cesser d’enrichir son uranium dans le but d’obtenir l’arme nucléaire. Mais parmi les dirigeants internationaux - américain, britannique, chinois, russe, français et allemand - qui ont négocié avec l’Iran, la plupart reste prudent.

La France et les Etats-Unis mesurés. Laurent Fabius, le ministère français des Affaires étrangères qui a participé aux discussions, a parlé d’un "accord d’étape positif" mais a tenu à souligner qu’il "reste du travail à faire". Les sanctions occidentales, vouées à être levées, seront rétablies "si l'accord n'est pas appliqué", a mis en garde la présidence française dans un communiqué. Les modalités de son application doivent mener "à un accord crédible et vérifiable afin que la communauté internationale soit assurée que l'Iran ne sera pas en situation de se doter de l'arme nucléaire".

Les Etats-Unis ont également fait part de leur prudence. Si le président Barack Obama a salué "un accord historique" qui, "s’il est finalisé, fera de notre monde un endroit plus sûr", il a tenu à préciser que "tant que tout n’est pas conclu, rien n’est conclu". Barack Obama a ainsi laissé la porte ouverte pour les Etats-Unis de refuser un accord final s’il ne satisfait pas les objectifs américains. Pour autant, Barack Obama a engagé dès ce discours un travail de persuasion. Le camp républicain, qui tient le Congrès, se montre en effet réticent à un accord avec l’Iran.

Un enthousiasme allemand et russe plus franc. L’Allemagne, par la voix de sa chancelière et de son chef de la diplomatie, se montre plus enjouée. "Avec (cette entente), nous n'avons jamais été aussi proches d'un accord empêchant l'Iran d'avoir l'arme atomique", a déclaré la chancelière, citée dans un communiqué. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a également fait part de son enthousiasme après l’accord, y voyant une preuve du "droit inconditionnel de l’Iran à mener un programme nucléaire pacifique".

Israël enrage. Du côté israélien, un responsable gouvernemental s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a évoqué une "erreur historique qui rendra le monde beaucoup plus dangereux". "C'est un mauvais accord cadre qui conduira à un mauvais et dangereux accord" final, a décrié ce responsable israélien. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou n’a pas réagi après l’annonce faite à Lausanne. Mais il s’était exprimé quelques minutes avant la conférence de presse, exigeant que l’accord "réduise considérablement" les capacités nucléaires de Téhéran qui doit "stopper son terrorisme et ses agressions". Israël, tenu à l’écart des discussions, s’est montré un farouche détracteur d’une entente avec son ennemi iranien.

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