Nouvelle-Zélande : la France propose son aide

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Nouvelle-Zélande : la France propose son aide
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Le séisme, d'une magnitude de 6,3, aurait fait au moins 65 victimes dans le sud du pays.

Le Premier ministre fait état d'au moins 75 morts. Un tremblement de terre a frappé mardi à la mi-journée la deuxième ville de Nouvelle-Zélande, Christchurch, causant des incendies et l'effondrement de bâtiments, tandis que la population paniquée fuyait à travers les rues. Ce séisme, de magnitude 6,3, s'est produit à 12h51 heure locale (lundi 00h51, en France) à cinq kilomètres de la ville et à seulement quatre kilomètres de profondeur, selon l'Institut de géophysique américain.

Il a été suivi de plusieurs répliques allant jusqu'à 5,6 d'intensité :



"Le bilan dont je dispose actuellement est de 65 morts et il pourrait être revu en hausse. C'est une tragédie absolue pour cette ville, pour la Nouvelle-Zélande, pour les gens dont nous sommes proches", a déclaré le Premier ministre John Key. Deux étudiants japonais, en voyage linguistique en Nouvelle-Zélande, étaient bloqués sous les décombres d'une école et onze de leurs camarades n'avaient toujours pas été localisés plusieurs heures après le violent séisme. Une centaine de personnes, peut-être plus, seraient ensevelies sous des gravats dans la ville, selon le maire de Christchurch.

"Le séisme a affecté de manière spectaculaire les bâtiments", a raconté Francis Etienne, ambassadeur de France en Nouvelle-Zélande, sur Europe 1."L'électricité a été coupée et les routes sont impraticables, elles se sont plissées littéralement", a-t-il décrit par téléphone.

Mardi, la France a proposé son aide à la Nouvelle-Zélande, en mettant à disposition des "moyens spécialisés" en matière de déblaiement et d'aides aux victimes, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères.

Pire que celui d'il y a 5 mois

Christchurch, 340.000 habitants, avait déjà été secouée le 4 septembre 2010 par un séisme de magnitude 7, qui n'avait pas fait de morts mais causé des dégâts considérables. Le tremblement de terre de ce mardi, survenu à la mi-journée, "a été bien pire, sans doute pas en intensité, mais en matière de dégâts, et beaucoup de gens sont piégés dans les bâtiments", a déclaré un porte-parole des pompiers à Radio New Zealand.

Des personnes blessées et souvent maculées de sang sortaient d'immeubles et marchaient en clopinant dans les rues, s'accrochant les uns aux autres, selon des images de télévision, qui avaient aussi montré des scènes de panique peu après les secousses, avec des employés fuyant leurs bureaux. Des cris retentissaient sur la place principale de la ville et la flèche de la cathédrale de Christchurch s'est détachée. "Plusieurs décès ont été rapportés dans différents endroits au centre de la ville, où deux bus ont été écrasés par des débris tombés des hauteurs. Un médecin et des services d'urgence sont sur place", a indiqué la police.

"J'entendais des cris dans la rue"

Selon la chaîne de télévision locale TV3 des corps ont été retirés de sous les gravats d'un hôtel. Le maire de la ville, Bob Parker, a déclaré l'état d'urgence, ce qui entraîne la fermeture des accès au centre-ville pour garantir la sécurité du public et permettre aux équipes de secours de travailler. Il a raconté avoir été jeté à la terre par la secousse. "Lorsque je me suis relevé, j'ai regardé la ville et je pouvais voir des nuages de poussière au-dessus des bâtiments effondrés. J'entendais des cris dans la rue", a-t-il déclaré lors d'un point de presse. "Tout le monde doit comprendre qu'il s'agit d'un jour noir pour cette ville profondément secouée", a a ajouté le maire.

Il a indiqué avoir été informé de "bus coincés sous des immeubles effondrés, de parkings très endommagés, entièrement ou en partie effondrés" et "de gens coincés dans les bâtiments dans certaines parties du centre-ville". Le tremblement de terre s'est produit à un moment de la journée "où la ville est remplie de monde avec les gens au travail et les enfants à l'école", a déclaré John Key.

L'aéroport fermé

L'aéroport de la ville a été fermé et la police a indiqué procéder à l'évacuation du centre-ville, dont les immeubles avaient déjà été fragilisés par le tremblement de terre de septembre 2010. Alors que la nuit tombait, quelque 500 policiers et militaires, aidés de grues, fouillaient les décombres où des gens criaient à l'aide. Le Premier ministre John Key a indiqué que des renforts étaient attendus, avec des avions militaires amenant sur place des équipes supplémentaires de secouristes. Des équipes venues des Etats-Unis et d'Australie étaient également en route.

Le séisme de septembre avait été le plus puissant enregistré dans une zone habitée de la Nouvelle Zélande depuis 80 ans. Le coût des dégâts (100.000 habitations abimées, routes et voies de chemin de fer détériorées) avait été estimé par le Trésor néo-zélandais à 4 milliards de dollars néo-zélandais (2,27 Mds d'euros).

La Nouvelle-Zélande, située sur la Ceinture du feu, à la frontière des plaques tectoniques australienne et du pacifique, enregistre jusqu'à 15.000 secousses par an. Le tremblement de terre le plus meurtrier depuis la tenue de statistiques avait fait 256 morts le 3 février 1931 dans la baie de Hawke, sur l'île du nord.