"Mur budgétaire" : une partie de "poker"

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"Mur budgétaire" : une partie de "poker"
Au capitole, démocrates et républicains cherchent un accord pour réduire l'endettement américain.@ REUTERS
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Démocrates et républicains ont jusqu'à minuit pour s'entendre. Sinon : cure d'austérité.

• L'INFO. Alors que le délai pour trouver un moyen de réduire la dette américaine prend fin lundi à minuit, démocrates et républicains se réunissent depuis samedi matin dans l'espoir d'éviter aux États-Unis une sévère cure d'austérité. Si l'impasse devait persister mardi, ce sont pas moins de 600 milliards de dollars de coupes budgétaires et de hausses d'impôt qui seront mises en place, et ce automatiquement.

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• Les négociations patinent. Les tractations se sont poursuivies pendant tout le week-end. En vain. Le Sénat, contrôlé par les démocrates, et la Chambre des représentants, dominée par les républicains, va encore siéger lundi, jour de la Saint-Sylvestre, pour la première fois depuis plus de 40 ans. "Nous avons toujours le temps de parvenir à un accord et nous avons l'intention de continuer à négocier", a déclaré dimanche en fin de journée le chef de file des démocrates au Sénat, Harry Reid. Un accord entre les deux camps, arc-boutés sur leurs positions, semble toutefois de plus en plus improbable. La guerre de tranchée dure déjà depuis plusieurs mois. Les démocrates souhaitent mettre un terme aux cadeaux fiscaux consentis aux plus riches par George W. Bush, tandis que les républicains ne veulent pas entendre parler de hausses d'impôts.

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• Le défaut de paiement s'invite. Les coupes budgétaires ne sont pas le seul problème que rencontrent les Etats-Unis. Le secrétaire d'Etat au Trésor, Timothy Geithner, a en effet annoncé il y a quelques jours que la dette atteindrait son "plafond", c'est-à-dire son niveau maximal autorisé, le 31 décembre. A cette date, la dette publique des Etats-Unis sera de 16.394 milliards de dollars. Pour se donner un peu de temps, le Trésor pourrait être contraint de prendre des mesures d'urgence, notamment en suspendant les versements aux caisses de retraite des fonctionnaires.

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• "Ils jouent au poker". Pour Nicole Bacharan, spécialiste des États-Unis et consultante pour Europe 1, "on a le sentiment que [démocrates et républicains" jouent au poker avec l'économie américaine et l'économie mondiale". "Chaque camp essaie de faire passer l'autre pour le mauvais joueur", note-elle, estimant que "les démocrates ont intérêt à un accord, [...] mais ils ne peuvent pas passer un accord à n'importe quel prix. Côté républicains, pour la frange la plus à droite, "il y a un intérêt à court terme à conserver leur identité politique". "Le calcul est aussi de briser l'autorité du président". Mais "à long terme, c'est un très mauvais calcul pour les deux camps, parce qu'ils semblent irresponsables", juge Nicole Bacharan.

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• Pas de conséquence sur la note du pays. Pour les américains, il y a au moins un motif de soulagement : l'agence Standard and Poor's a expliqué vendredi que même s'il n'y avait pas d'accord, la note de la dette américaine ne serait pas abaissée.  L'agence laisse toutefois planer le spectre d'une dégradation si l’État ne prend pas de mesures fortes.