Moussa Koussa, la "boîte noire" de Kadhafi

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Moussa Koussa, la "boîte noire" de Kadhafi
Chef des services de renseignements de 1994 à 2009, Moussa Koussa, 59 ans, était un homme de confiance de Mouammar Kadhafi.@ Reuters Chris Helgren
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PORTRAIT - L’ex-ministre du Renseignement, en exil, était un homme clé du régime libyen.

Moussa Koussa, chef de la diplomatie libyenne et bras droit du colonel Mouammar Kadhafi, a fait défection. Il a gagné la Grande-Bretagne mercredi soir. Son départ pourrait précipiter la chute de Kadhafi selon des responsables libyens et étrangers. Portrait d’un homme-clé du régime libyen.

Chef des services de renseignements de 1994 à 2009, Moussa Koussa était l’homme fort des comités révolutionnaires, épine dorsale du régime libyen, et un homme de confiance de Mouammar Kadhafi.

Ambassadeur de la Libye à Londres

Issu d'une famille modeste, Moussa Koussa est né en 1950 à Tripoli. Boursier et titulaire d'un masters de l'université américaine du Michigan, il commence sa carrière dans les services spéciaux comme responsable de la sécurité des ambassades libyennes en Europe du Nord.

En 1980, Moussa Koussa est nommé ambassadeur de la Libye à Londres avant d'être expulsé la même année par les Britanniques après avoir affirmé sa détermination à liquider les "ennemis de la révolution" sur le sol britannique.

En 1984, il rejoint, le Mathaba, une Fondation chargée de coordonner les mouvements de libération à travers le monde, particulièrement en Afrique et en Amérique latine.

Son nom évoqué après l'attentat de Lockerbie

En décembre 1988, puis en septembre 1989, le nom de Moussa Koussa est évoqué après les terribles attentats de Lockerbie (270 morts) et du DC-10 d'UTA (170 morts), commandités par la Libye.

Son rôle exact dans ces attaques terroristes n'a toutefois toujours pas été éclairci. La justice écossaise a indiqué au lendemain de son exil qu'elle souhaitait l'interroger sur l'attentat de Lockerbie.

Il était devenu un symbole d’ouverture

Après ces attentats meurtriers, Moussa Koussa s’est fait connaître pour son rôle dans l’indemnisation des familles des victimes, levant les derniers obstacles à la normalisation des relations de Tripoli avec l'Occident.

Après avoir, deux décennies durant, incarné la face sombre du régime Kadhafi, Moussa Koussa a ainsi symbolisé ces dernières années l'ouverture. Ce Tripolitain a été ainsi un négociateur de premier plan dans l'affaires des infirmières bulgares ayant conduit à leur libération en juillet 2007.

Moussa Koussa a également œuvré pour le démantèlement en 2003 du programme nucléaire libyen qui a ouvert la voie à la levée de l'embargo commercial décrété par les Etats-Unis contre la Libye en 1986.

Le bras droit de Kadhafi

Au poste de ministre des Affaires étrangères de la Libye, Moussa Koussa a oeuvré jusqu'a ces derniers jours pour le régime libyen. C'est lui qui avait annoncé le 18 mars dernier que la Libye acceptait un cessez-le-feu après le vote par l'ONU de la résolution mettant un place une zone d'exclusion aérienne.

Regardez l'intervention de Moussa Koussa le 18 mars dernier :

Moussa Koussa a quitté mercredi la Libye en toute discrétion en direction de la Tunisie d'où il a pris un avion pour la Grande-Bretagne.

Pour Abdulrahman Shalgham, ancien ambassadeur de la Libye à l’ONU qui a fait défection il y a quelques semaines, Moussa Koussa était la "boîte noire" du régime. Celui qui détient les secrets diplomatiques et militaires du colonel Kadhafi.

Même analyse de l'ancien ministre libyen de l'Immigration, Ali Errishi : Le départ de Moussa Koussa est un "signe que les jours du régime sont comptés. C'est la fin", a-t-il déclaré à la chaîne France 24. "Kadhafi n'a plus personne" sur qui compter. "Désormais, il ne reste que lui et ses enfants", a jugé Ali Errishi.