Hosni Moubarak blanchi par la justice

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Hosni Moubarak blanchi par la justice
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ABANDON DES POURSUITES - La justice égyptienne abandonne les charges de complicité de meurtre qui pesaient contre l'ex-président Hosni Moubarak. 

Tout ça pour ça. Trois ans après la révolution qui l'a chassé du pouvoir et des procès de multiples fois repoussés, Hosni Moubarak a finalement été acquitté samedi par la justice égyptienne dans une affaire de complicité de meurtres. En 2011, lors de la révolution qui a secoué l'Egypte, des centaines de manifestants avaient trouvé la mort lors de heurts avec les forces de l'ordre. Hosni Moubarak, 86 ans, hospitalisé à l'hôpital militaire du Caire où il est incarcéré, était arrivé en hélicoptère au tribunal. Après la nouvelle de l'acquittement, il a déclaré à la télé égyptienne qu'il n'avait "rien fait de mal". 

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846 morts et un acquittement. L'ex-raïs était soupçonné d'avoir ordonné à la police de réprimer le soulèvement populaire de 2011. Ce dernier a fait 846 morts. Hosni Moubarak n'était pas le seul mis en cause. Il était jugé avec son ancien ministre de l'Intérieur Habib al-Adly et six anciens hauts responsables des services de sécurité. L'ex- chef d'Etat ainsi que ses anciens acolytes ont tous été acquittés. 

Mais l'ex-raïs reste en prison. Ce verdict "prouve l'intégrité" du régime d'Hosni Moubarak, a réagi son avocat, Farid al-Deeb. À l'extérieur de l'académie de police où siégeait la cour, des parents des victimes de 2011 attendaient le verdict avec impatience. Mostafa Morsi, qui a perdu son fils Mohamed durant la révolte de 2011, s'est dit consterné: "Ce verdict est injuste. Le sang de mon fils a coulé pour rien". Il reste cependant à ces familles une once d'espoir dans la possibilité de faire appel de ce jugement. 

Déjà condamné dans une affaire de corruption pour laquelle il purge une peine de trois ans de prison, Hosni Moubarak devrait rester en prison malgré cet acquittement.

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© Reuters

Il a la "conscience tranquille". L'ex-raïs a reçu la nouvelle de l'acquittement avec un léger sourire aux lèvres. Face aux accusations de complicité de meurtres de 846 personnes en 2011, il avait assuré en août qu'il "n'avait jamais ordonné le meurtre de manifestants". "J'ai la conscience tranquille et je suis content d'avoir passé (ma vie) à défendre l'Egypte", s'était-il félicité. 

Acquitté aussi dans une autre affaire de corruption. La même cour devait également se prononcer samedi dans le cadre d'un autre dossier, une affaire de corruption. Là aussi, l'ex-dirigeant égyptien ainsi qu'un ancien ministre du Pétrole ont été acquittés des charges qui les visaient. Ces dernières concernaient des autorisations d'exportations de gaz vers Israël.

Les deux fils d'Hosni Moubarak, Alaa et Gamal, également jugés samedi, ont échappé à des sanctions pour cause de prescription des faits. 

Des soutiens d'Hosni Moubarak devant l'hôpital militaire du Caire, samedi matin

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© Reuters

De l'eau a coulé sous les ponts... La presse égyptienne avait pressenti cette semaine l'acquittement de l'ancien président. Le climat en Egypte est en 2014 bien différent de celui du premier procès pour complicité de meurtres. En 2012, la justice avait condamné à la prison à perpétuité Hosni Moubarak mais la sentence avait été annulée pour des raisons techniques. Aujourd'hui, c'est le procès de Mohamed Morsi et des autres dirigeants des Frères Musulmans qui attirent l'attention de l'opinion publique. Ils encourent tous la peine de mort. 

... et la police a été réhabilitée. Mise en cause dans les morts des manifestants de 2011, la police a depuis redoré son blason aux yeux des Égyptiens. Elle a été notamment réhabilitée grâce à son rôle dans la répression des pro-Morsi. 

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