Migrants : à Idomeni, pour beaucoup, "il n’y a pas de solution"

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Migrants : à Idomeni, pour beaucoup, "il n’y a pas de solution"
@ AFP
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Plus de 15.000 personnes attendent depuis six semaines dans le camp grec espérant traverser la frontière avec la Macédoine.

"A Idomeni, la frustration se fait de plus en plus grande". Alors que des incidents ont éclaté le week-end dernier dans l’immense camp de migrants situé à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, les conditions de vie sont de plus en plus compliquées pour les réfugiés.

Ces réfugiés attendent, en espérant qu’un jour la frontière rouvrira
 

"Il y a 15.000 personnes qui attendent dans le camp d’Idomeni depuis six semaines maintenant", explique Jonas Hagensen, de Médecins sans frontières. "Ces réfugiés attendent, en espérant qu’un jour la frontière rouvrira", ajoute-t-il, soulignant un manque d’information de la part des autorités. "Ils ne connaissent pas leurs options et pour beaucoup, il n’y a, en fait, pas de solution", ajoute-t-il.

Selon l’humanitaire, la moitié de ces migrants vivent sous des tentes de fortune, pas vraiment adaptées au terrain du camp. Le camp a été conçu pour accueillir entre 2.500 et 3.00 personnes. Il y en a désormais cinq fois plus. "Les installations ne sont plus adaptées" souligne Jonas Hagensen, "car les gens n’ont pas de quoi s’abriter. C’est l’horreur, tout simplement !".

 Ce dont ils ont vraiment besoin, c’est d’une solution

"Vous voyez, par exemple, là, autour de moi, je vois des gens qui font la queue pour essayer de voir un médecin", poursuit-il, décrivant des files d’attentes dans le noir car l’électricité est quasi inexistante dans le camp. Certains font donc du feu pour avoir un peu de chaleur ou pour faire cuire leur repas.

Si l’humanitaire souligne que ces migrants ont besoin d’aide d’urgence, qu’il s’agisse de vêtements, de soin ou encore de nourriture, ce "dont ils ont vraiment besoin, c’est d’une solution", insiste-t-il, "car toutes les aides d’urgence ne changeront pas leur situation", conclut-il.

En mars, l’envoyé spécial d’Europe 1, Walid Berrissoul, s’était rendu dans le camp d’Odomeni. Il décrivait, lui aussi, "des conditions de vie épouvantables".