"Massacre" artistique en Espagne

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"Massacre" artistique en Espagne
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Une octogénaire a défiguré le portrait du Christ en voulant le restaurer.

"Une restauration qui tourne à la destruction", "la cure pire que la maladie", "Un attentat artistique". La restauration d'une peinture murale représentant le Christ a provoqué la consternation des protecteurs du patrimoine et l'hilarité des internautes espagnols. Une octogénaire a en effet défiguré le portrait d'un Christ ornant une église du nord-est de l'Espagne qu'elle prétendait pourtant vouloir restaurer.

Dans ce portrait peint au début du 20e siècle, la couronne d'épine a laissé place à une chevelure aux allures de pelage de singe, et les traits du visage à une bouche effacée et un nez maladroitement stylisé.  La restauration du tableau "Ecce Homo", né sous le pinceau de l'artiste en herbe Elias Garcia Martinez, n'a donc plus rien à voir avec l'original.

Une femme "pleine de bonnes intentions"

Selon El Pais, cette restauration ratée est l'œuvre d'une octogénaire vivant près de l'église où se trouve la peinture. Sans bénéficier d'aucune autorisation, elle aurait décidé de donner une nouvelle jeunesse à l'œuvre. Quelques jours plus tard, lors d'une visite de routine, deux membres du Centre d'études de Borja découvrent le gribouillage. L'octogénaire aurait alors pris conscience qu'elle avait perdu le contrôle de la situation et se serait confiée aux autorités locales.

"Les explications qu'elle a données sont incohérentes : elle dit qu'elle le restaurait depuis plusieurs années et qu'elle avait dû l'abandonner avant de finir", a expliqué mercredi le maire-adjoint de la commune de Borja, Juan Maria de Ojeda, dont dépend l'église où se trouve la peinture. Le conseiller local à la culture, Juan Maria de Ojeda, précise que le vieille dame était "pleine de bonnes intentions".

Un tableau difficile à sauver

L'œuvre, réalisée dans les années 1910, n'avait pas une grande valeur artistique, rassure le maire adjoint de Borja. L'auteur lui-même, Elias Garcia Martinez, avait écrit sous la peinture : "Ceci est le résultat de deux heures de dévotion à la Vierge de la Miséricorde", qui donne son nom à l'église baroque.

"Plus que la valeur de la peinture en soit, c'est le fait qu'une action incontrôlée de ce genre se produise" qui inquiète Manuel Gracia Rivas, président d'un centre d'études du patrimoine de Borja. La mairie n'a pas encore décidé si elle allait porter plainte contre l'octogénaire. "Elle ne cherchait pas à dénigrer la dignité du lieu", explique Juan Maria de Ojeda. En attendant, une équipe de restaurateurs, professionnels cette fois, doit évaluer si la peinture originale peut être récupérée.

Hilarité sur Twitter

Quoi qu'il en soit, l'affaire a déclenché les railleries des Espagnols. Sur Internet, de nombreux détournements ont été réalisés, certains montrant les visages de personnages célèbres comme le roi Juan Carlos ou le chef du gouvernement Mariano Rajoy sous la chevelure ébouriffée de la nouvelle version.

"Qu'ils la laissent le terminer, pour l'amour de Dieu!, #jel'aime", a ainsi réagi ainsi le réalisateur espagnol de cinéma Alex de la Iglesia, sur son compte Twitter.

Sur Facebook, un groupe propose de télécharger leurs propres restaurations. Des internautes ont donc imaginé ce à quoi pourrait ressembler l’œuvre en 2013.