Maroc : un procès "pour homosexualité" sous tension

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Maroc : un procès "pour homosexualité" sous tension
Deux Femen ont tenté de pénétrer dans le tribunal où se déroule le procès pour "homosexualité".@ FADEL SENNA / AFP
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A Beni Mellal, dans le centre du pays, deux Femen ont tenté d’entrer dans le tribunal.

C’est une affaire qui fait de plus en plus de bruit au Maroc. Un couple d’hommes, agressé au domicile de l’un d’eux début mars, est jugé dans la petite ville de Beni Mellal au Maroc pour "actes sexuels contre-nature", car la loi marocaine punit l’homosexualité.

L’un des deux hommes a déjà écopé de quatre mois de prison ferme et de 45 euros d’amende, tandis que le deuxième est entendu depuis lundi par le tribunal de première instance. Un procès qui se déroule aux côtés de celui de ses agresseurs présumés, jugés eux-aussi, lundi, par cette même cour.

Des manifestants en soutien… aux agresseurs. Devant la salle d’audience, des dizaines de personnes étaient réunies lundi. Une foule venue défendre les agresseurs présumés du couple. 

Les faits remontent à début mars, quand quatre hommes avaient fait irruption au domicile d’une cinquième personne, alors que celle-ci était avec son compagnon. Les deux hommes avaient été déshabillés, roués de coups et humiliés par leurs agresseurs qui avaient filmé l’attaque avant de la diffuser sur les réseaux sociaux. Les images, insoutenables, avaient été vues par des milliers d’internautes et provoqué un véritable tollé.

L’affaire avait rapidement suscité l’intérêt de médias du monde entier dont une équipe du Petit journal de Canal+ qui avait été interpellée dans le royaume, avant d'être expulsée du pays.

Egalement présentes devant la salle d’audience, lundi, des activistes des Femen, seins nus. Elles ont tenté de pénétrer dans la salle d’audience avant d’être interceptées violemment par des policiers en civils, selon les témoignages recueillis sur les réseaux sociaux.

Plusieurs associations réclament l'abrogation de l'article 489 du Code pénal selon lequel l'homosexualité est un délit passible de trois ans de prison. L’ONG Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali) a, de son côté, exigé la libération des victimes.