Mali : "accrochage" entre l'armée française et des djihadistes

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Mali : "accrochage" entre l'armée française et des djihadistes
@ REUTERS
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Les forces françaises de l'opération "Barkhane" ont eu un "violent accrochage" avec des "terroristes", affirme Jean-Yves Le Drian. 

L'info. Est-ce le signe d'un retour en force des djihadistes ou la preuve de l'efficacité de l'opération "Barkhane", lancée au Sahel par Jean-Yves Le Drian il y a trois mois de cela ? Les éléments de réponse manquent encore, mais toujours est-il que le ministre de la Défense vient de déclarer ce mercredi qu'un "violent accrochage" venait d'opposer les forces françaises à "un important groupe armé de type Aqmi, Al Qaïda au Maghreb Islamique". "Les combats viennent de s'achever", a-t-il ajouté.   

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Le récit. "Cette nuit, dans le cadre d'une opération planifiée de lutte contre les mouvements djihadistes au nord Mali, un violent accrochage a opposé dans le massif de Tigharghar la force Barkhane à un important groupe armé terroriste de type Aqmi. A l'heure où je vous parle, les combats qui se sont déroulés dans la vallée de l'Ametetai viennent à peine de s'achever", a déclaré le ministre aux députés au début de la discussion sur le budget 2015 de la Défense. Sans donner plus de précisions, notamment sur d'éventuelles victimes, M. Le Drian a salué à cette occasion "le courage et la détermination de nos soldats au service de la sécurité de notre pays", à l'heure où "nos armées en ce moment sont sur plusieurs théâtres difficiles pour des missions essentielles pour notre sécurité".

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L'analyse. Trois mois après sa mise en place, la force française Barkhane se concentre sur deux fronts face aux jihadistes du Sahel, afin d'enrayer leur résurgence au Mali et de les couper de leurs bases arrières libyennes.La France, qui a réduit à 1.400 hommes ses effectifs au Mali, renforce depuis quelques jours son dispositif dans le nord du pays, notamment à Tessalit dans l'Adrar des Ifoghas, après une série d'attaques meurtrières contre la mission de la maintien de la paix de l'ONU (Minusma).

"Il s'agit d'actes résiduels, mais on sent une volonté des groupes armés terroristes de reprendre des positions. Nous avons donc décidé de nous porter davantage au nord", a annoncé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lors d'une visite vendredi à Bamako.La force Barkhane (du nom d'une dune), installée le 1er août sur cinq pays du Sahel - soit 3.000 hommes au total - afin de collecter du renseignement et de mener des interventions antiterroristes éclair, est donc venue à la rescousse. Selon des sources militaires, l'objectif est de "donner un grand coup de poing", de "montrer qu'on est un peu costaud", à un moment où les jihadistes, mis en déroute en 2013 par l'intervention française Serval - ils ont alors été chassés des grandes villes du nord - essaient de se refaire une santé depuis les profondeurs septentrionales du Mali et les pays voisins où ils ont trouvé refuge.

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"Les groupes jihadistes s'adaptent continuellement et gagnent en solubilité sur le terrain, notamment en s'infiltrant dans des groupes dits 'rebelles' ou en recourant à des modes d'action de plus en plus discrets", relève Mathieu Pellerin, chercheur spécialisé sur le Sahel à l'Institut français des relations internationales (IFRI) à Paris. Le chef du groupe Ansar Dine, Iyad Ag Ghali, contrôle ainsi un groupe touareg autonomiste du nord où Bamako tente de rétablir son autorité. "La mobilité est très grande au sein des groupes pour des raisons familiales, tribales, de trafics", note un responsable militaire français dans la région.