Mali : les familles des otages inquiètes
Françoise Larribe © MAXPPP

L'épouse d’un otage d'Aqmi exprime sa préoccupation face à l’intervention française.

Son SOS. Elle ne cache pas son inquiétude. L'épouse de Daniel Larribe, l'un des otages français retenus au Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique, a exprimé vendredi à Cahors "l'angoisse sans nom" des familles, quant aux conséquences possibles de l'intervention militaire française au Mali pour les leurs.

Une détresse et une angoisse sans nom

Daniel Larribe, Thierry Dol, Marc Ferret et Pierre Legrand, enlevés il y a plus de deux ans au Niger, "sont toujours retenus dans les étendues désertiques du nord-Mali et les évènements actuels nous laissent dans une détresse et une angoisse sans nom, indéfinissable", a confié Françoise Larribe, elle-même capturée et libérée après plus de cinq mois de captivité.

Pas de polémique. L’épouse de l’otage ne veut pas se prononcer sur le bien-fondé de l'intervention française au Mali. Mais "comment ne pas imaginer ce que doit être leur solitude, leur désespérance et leur souffrance", a-t-elle ajouté, en proie à la douleur d'avoir été "rendue à (ses) filles, mais en laissant Daniel là-bas, de l'autre côté".

"Mes préoccupations, c'est le retour de nos otages"

Françoise Larribe était venue à Cahors participer à la mise en place sur la façade du conseil général du Lot d'une banderole de soutien aux otages, département dans laquelle est né et a grandi Daniel Larribe. Auprès de la presse, Françoise Larribe a refusé tout commentaire sur la légitimité des opérations militaires françaises au Mali. "Mes préoccupations, c'est le retour de nos otages, de nos proches", a-t-elle dit.

Avec le temps qui passe, l'angoisse devient de plus en plus difficile à supporter, a-t-elle dit : si, jusqu'à récemment, on pouvait croire que les autorités françaises étaient en contact avec les ravisseurs, comment savoir "actuellement, avec le maelström qui se passe dans la région". Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius qui a reçu ces familles le 3 janvier leur a affirmé que les otages étaient "vivants et en bonne santé", malgré des conditions de détention "très dures".