Libye : Kadhafi à l'assaut de Benghazi

  • A
  • A
Libye : Kadhafi à l'assaut de Benghazi
@ REUTERS
Partagez sur :

L’étau se resserre pour les insurgés et l'ONU reste impuissante face à Kadhafi.

Pour les insurgés, il n'y a que "deux possibilités : se rendre ou fuir". Mouammar Kadhafi ne laissera pas beaucoup de marge de manœuvre à ses opposants. Le leader libyen a déclaré au journal italien Il Giornale qu’il refuserait toute négociation, mais promet de ne pas tuer ceux qui se rendraient.

Ajdabiya toujours aux mains des insurgés

Un mois après le début de la révolte, transformée depuis en guerre civile, les forces de Mouammar Kadhafi reconquièrent peu à peu les villes prises par les insurgés. Les forces gouvernementales ont lancé l'aviation et l'artillerie lourde contre Ajdabiya, noeud de communication stratégique et dernier verrou tenu par les rebelles avant le fief de l'opposition à Benghazi, 160 km plus au sud, coupant la route entre les deux villes. mais mardi soir, les insurgés résistaient toujours, a affirmé mardi le porte-parole militaire du Conseil national libyen, l'instance dirigeante des rebelles basée à Benghazi.

"Ils ont bombardé la ville depuis une longue distance. Mais actuellement la situation est bonne. Des unités de l'armée ont tenté de rentrer dans la ville, mais nos forces les ont repoussées", a ajouté M. Sayeh.
Interrogé sur une avancée des troupes de Mouammar Kadhafi vers l'est, d'Ajdabiya vers Tobrouk, le porte-parole a démenti, soulignant que le leader libyen n'avait pas "les ressources humaines (militaires) pour faire cela". "Sa seule stratégie est de bombarder puis de reprendre le contrôle d'une ville", a-t-il dit.

"Il va tous nous massacrer"

"A moins que l'Otan n'intervienne, il (Kadhafi, NDLR) va tous nous massacrer", déclare le docteur Souleimane al-Abeidi, venu prêter main-forte dans l'hôpital de la ville. "Nous sommes des civils. Que pouvons-nous faire contre des armes lourdes? Contre des chars, des roquettes Grad et des navires de guerre?", insiste ce médecin de 43 ans, alors que des confrères s'énervent contre les insurgés qui accompagnent des blessés, les accusant d'abandonner leur poste.

Mardi soir, l'armée libyenne restée fidèle à Mouammar Kadhafi a annoncé qu'elle marchait sur Benghazi, bastion de l'insurrection, pour y mener "une mission humanitaire" auprès de la population. L'armée, dans un appel diffusé par la télévision nationale, a également exhorté les habitants de la deuxième ville libyenne à empêcher leurs enfants de rallier les rangs de l'insurrection "terroriste".

Le G8 tarde à prendre une décision

Les grandes puissances réunies au sein du G8 à Paris ont écarté faute de consensus l'option militaire pour ralentir les forces de Mouammar Kadhafi, se bornant à promettre pour cette semaine une nouvelle résolution à l'ONU sur des sanctions renforcées. "Nous sommes d'accord pour demander au Conseil de sécurité d'accroître ses pressions", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, à l'issue du sommet.

Mais les conclusions de la réunion ne mentionnent pas l'option d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, voulue à l'origine par Paris et Londres ainsi que la Ligue arabe et réclamée par l'opposition libyenne. Un groupe de puissances comprenant les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France espère présenter à l'ONU dès mardi un projet de résolution durcissant les sanctions contre la Libye.

La communauté internationale impuissante

"Kadhafi marque des points", a regretté Alain Juppé, estimant que la communauté internationale ne pourrait pas empêcher les forces gouvernementales de reprendre Benghazi. Barack Obama a renouvelé lundi soir sa mise en garde au dirigeant libyen: "M. Kadhafi a perdu sa légitimité et il faut qu'il parte", a déclaré le président américain. Mais sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton a refusé de promettre une aide militaire aux rebelles, même sous la forme de livraisons.