L'ex-otage Isabelle Prime : "je savais que la France était derrière moi"

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L'ex-otage Isabelle Prime : "je savais que la France était derrière moi"
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OTAGE - La Française était détenue au Yémen depuis février 2015. Elle a été libérée dans la nuit de jeudi à vendredi et a atterri vendredi soir à Villacoublay, accueillie par François Hollande.

L'ESSENTIEL

Isabelle Prime est à nouveau libre et en sécurité. La Française, détenue au Yémen depuis février 2015, a foulé le sol français vendredi peu après 19 heures, accueillie à sa sortie d'avion par François Hollande et Laurent Fabius.

Souriante mais dissimulée derrière une casquette et une paire de lunettes de soleil, la Française s'est brièvement entretenue avec le président de la République. Elle a ensuite rejoint un pavillon pour retrouver ses proches dans l'intimité. Comme le veut la procédure, elle devrait réaliser une série de tests médicaux samedi, puis effectuer un debriefing avec les services de renseignement.

Isabelle Prime "a fait preuve d'un grand courage". "Nous sommes très heureux d'accueillir Isabelle Prime chez elle, en France. Elle a été retenue pendant cinq mois, elle a fait preuve d'un grand courage", a déclaré François Hollande, avant d'ajouter : "aujourd'hui, c'est une joie et je crois que, pour Isabelle, c'est un jour qui restera toujours gravé dans sa mémoire et qui, je l'espère, effacera cinq mois de captivité".

Le président a ensuite remercié ceux qui ont aidé à cette libération : le sultan d'Oman, les services de renseignement et le ministère des Affaires étrangères. "La France est un pays qui a une administration, un Etat et qui fait en sorte de ne jamais oublier un ressortissant", a-t-il poursuivi. Avant de rappeler les Français à la plus grande prudence : "nous avertissons tous nos compatriotes de faire la plus grande attention".

 "Je savais que la France était derrière moi". "Merci à tous", a poursuivi Isabelle Prime, "la France est toujours là quand il y a d'énormes problèmes" : "je savais que la France était derrière moi parce qu'elle n'a jamais lâché un de ses compatriotes. Je vous remercie donc", a-t-elle souligné, tout en ayant une pensée pour "ceux qui travaillent dans l'ombre pour les Français". Reconnaissant être dans "un état de fatigue très grande", elle a ensuite rebondi sur les propos du président : "j'avais suivi les conseils de l'ambassade française, on était sur le point de partir. Cela s'est joué à deux semaines, malheureusement".

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Qui est Isabelle Prime ? Originaire d'Angers, dans le Maine-et-Loire, cette jeune trentenaire est une spécialiste des télécoms qui avait déjà effectué plusieurs missions à l'étranger. Arrivée en 2013 au Yémen, Isabelle Prime travaillait pour la société Ayala Consulting, une entreprise américaine spécialisée dans la conception de programmes de protection sociale et opérant au Yémen pour le compte de la Banque mondiale. Elle et son interprète yéménite, Chérine Makkaoui, avaient été enlevées le 24 février 2015 à Sanaa par des hommes armés déguisés en policiers alors qu'elles se rendaient en voiture à leur travail, dans un pays alors en train de sombrer dans le chaos.

Comment a-t-elle été libérée ? Comme souvent lorsqu'il s'agit d'otages, on ignore les circonstances exactes de sa libération. Même le nom de ses ravisseurs, qu'il s'agisse d'une organisation ou d'une tribu, n'est pas encore connu. Seule certitude, le sultanat d'Oman a visiblement œuvré pour sa libération, comme en atteste les remerciements de François Hollande. "Les Omanais nous ont énormément aidé", a confirmé le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Libérée dans la nuit de jeudi à vendredi, l'ex-otage était arrivée vendredi à l'aube à Oman, avant de prendre un avion pour la France.