Libération d'Isabelle Prime : le rôle décisif du sultanat d'Oman

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Libération d'Isabelle Prime : le rôle décisif du sultanat d'Oman
Le sultan d'Oman@ AFP
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DECRYPTAGE - Le petit Etat a été explicitement remercié par l'Elysée. Mais quel a été son rôle exact ?

C’était écrit en toutes lettres dans le communiqué de l’Elysée qui annonçait la libération d’Isabelle Prime : François Hollande y exprime  "toute sa gratitude à tous ceux qui ont œuvré à cette solution, et notamment au Sultan Qabous". Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, saluait lui aussi dès vendredi sur Europe 1 "le sultanat d’Oman qui a été extrêmement précieux". Mais quel a été au juste la place d’Oman dans les négociations ?

Un appui de proximité pour Paris. Si le petit Etat du Golfe a joué un rôle clef dans la libération d’Isabelle Prime, c’est d'abord parce qu’il a permis aux services français d’être au plus près du Yémen où l’ambassade de France était fermée depuis 11 jours au moment de l’enlèvement de la Française.

Une neutralité bien utile. Par ailleurs, de toute la péninsule arabique, Oman est le seul Etat à ne soutenir aucune des parties qui s‘affrontent dans le conflit au Yémen. Cette neutralité lui permet d’être le pivot entre les puissances occidentales et la région. Une région où deux blocs s’affrontent : l’Iran chiite et l’Arabie Saoudite sunnite. Oman a toujours veillé à discuter avec les deux ennemis traditionnels, un subtil équilibre que le sultanat soigne aussi à l’échelle du Yémen en dialoguant tant avec la rébellion chiite houthi qu’avec l’ancien gouvernement en exil. Oman est d’ailleurs la seule des six monarchies du Golfe à ne pas participer aux raids menés par la coalition arabe au Yémen.

Un soutien pratique. Au final, ce sont les recherches conduites par les autorités omanaises qui ont permis de localiser Isabelle Prime, d’identifier ses ravisseurs et d’entamer les négociations qui l’ont ramenée à Mascate, la capitale d’Oman avant son décollage pour la France.