L'Espagne aura son mot à dire sur Gibraltar après le Brexit

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L'Espagne aura son mot à dire sur Gibraltar après le Brexit
96% des électeurs de Gibraltar avaient voté pour rester dans le giron européen en juin 2016.@ JORGE GUERRERO / AFP
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Alors que les habitants de Gibraltar restent très majoritairement opposés au Brexit, l'Espagne devra donner son accord sur le sort de l'enclave britannique.

L'Espagne devra donner son feu vert pour que tout accord intervenant entre l'UE et le Royaume-Uni après le Brexit puisse s'appliquer au territoire de Gibraltar, selon un projet d'"orientations de négociation" des 27 publié vendredi.

Après le Brexit, "aucun accord entre l'UE et le Royaume-Uni ne pourra s'appliquer au territoire de Gibraltar sans un accord entre le Royaume d'Espagne et le Royaume-Uni", est-il écrit dans ce texte présenté vendredi à La Valette par le président du Conseil européen Donald Tusk. Les dirigeants des 27 pays restant dans l'UE devront adopter ces "orientations", éventuellement amendées, lors d'un sommet européen le 29 avril à Bruxelles.

96% des électeurs de Gibraltar contre le Brexit. Gibraltar a été cédée par l'Espagne à la Grande-Bretagne en 1713 et l'enclave britannique, qui compte 32.000 habitants sur 7 km2, se retrouvera exclue de l'Union quand le départ du Royaume-Uni sera effectif. 52% des Britanniques s'étaient prononcés en faveur d'une sortie de l'UE après le référendum de juin 2016, mais 96% des électeurs de Gibraltar avaient voté pour rester dans le giron européen. Madrid a formellement proposé en octobre au Royaume-Uni une souveraineté partagée qui "permettrait à Gibraltar de rester dans l'Union européenne" après la sortie des Britanniques. Cette offre avait déjà été soumise à référendum en 2002 et rejetée.

Gibraltar dépend de l'Espagne pour son approvisionnement. Sa florissante économie spécialisée dans les services financiers et les jeux en ligne profite aussi à l'Espagne, en employant quelque 10.000 travailleurs frontaliers.