Les survivants du crash d’Asiana racontent

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Les survivants du crash d’Asiana racontent
Deux adolescentes chinoises ont trouvé la mort dans l'accident et 182 personnes ont été blessées, plusieurs étant encore dans un état grave.@ Reuters
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RECIT - Les membres d’équipage n’ont pas perdu leur sang-froid lors de l’évacuation de l'appareil.

L’INFO. "Nous n’avons pas eu le temps d’avoir peur", raconte l’un des passagers du vol 214 d’Asiana Airlines qui s’est écrasé samedi à l’aéroport de San Francisco. La plupart des 307 passagers ont été surpris par le crash de leur vol qui a fait deux morts et 180 blessés, selon le dernier bilan. Car avant que l’avion ne touche le sol avec fracas, beaucoup de passagers n’ont pas vu de signes avant-coureur. Récit.

"C’est miraculeux". Benjamin Levy, un des passagers français, remarque que l’avion est lent et très près de l’eau de la baie de San Francisco lors de sa phase d’approche. Alors qu’il est assis juste devant une sortie d’urgence, il remarque que le pilote tente de remettre les gaz à l’approche de la piste pour reprendre de l’altitude. Il ne s’alarme pas tout de suite. "Je me suis dit que le pilote savait ce qu'il faisait. Quand il a commencé à remettre les gaz pour remonter l'avion, j'ai réalisé que ce n'était certainement pas le cas", confie-t-il à RTL. Lee Janghyung voyage avec sa femme et son fils de seize mois. Tout juste remarque-t-il l’inclinaison anormale de l’appareil. "Il était à 45 degrés", a-t-il assuré à USA Today.

Les bagages tombent dans la cabine. Puis quelques secondes plus tard, la queue de l’avion touche le sol avec fracas. Une épaisse fumée orange envahit alors l’atmosphère. Des fenêtres de l’avion se brisent. "Tout le monde criait" alors que les bagages rangés dans les coffres au dessus des passagers tombent sur leurs têtes, raconte Benjamin Levy à USA Today. "Puis j’essaie de les faire sortir. J’ai demandé aux passagers de rester calme, d’arrêter de crier, de ne pas pousser", se souvient ce passager. Un autre, Wen Zhang récupère son fils, catastrophé, qui s’est cassé la jambe.

crash san francisco 930

© Reuters

Le personnel naviguant héros de sauvetage. Lorsque l’avion finit sa course au sol, le personnel naviguant -au nombre de douze- se met en branle. Lee, une hôtesse de l'air, remarque que le toboggan gonflable du côté droit s’est déployé dans l’appareil. Il est donc inutilisable. Elle file dans le cockpit pour voir les pilotes. Le capitaine ouvre la porte : "Tout va bien capitaine ?", demande l'hôtesse. "Tout va bien", répond-il. "Dois-je effectuer l’évacuation ?", a-t-elle encore demandé. Le capitaine lui demande alors d’attendre. L'hôtesse tente alors de rassurer les passagers. "Je ne réfléchissais pas. Je voulais agir. Quand j’ai vu le feu, j’ai juste pensé à l’éteindre et je ne me suis pas dit que c’était dangereux," a-t-elle raconté à CNN. L’un des membres d’équipage évacue sur son dos un jeune garçon apeuré hors de l’avion. Le personnel n’hésite pas à faire usage d’une hache ou d’un couteau pour libérer certains voyageurs pris au piège de leur ceinture ou de leur fauteuil. "C’est une héros", affirme Eugene Rah, un passager, à propos de Lee. "Cette petite femme portait des gens, courait partout alors qu’elle était en larmes. Mais elle gardait son calme et continuait d’aider les gens", renchérit ce passager.

Une opération parfaitement réussie. "C’est incroyable de voir que le personnel a réussi à faire… avec la moitié des sorties de secours", assure de son côté, Leslie Mayo, membre de l’association du personnel d’équipage. Le courage de Lee -elle travaille depuis vingt ans au sein de la compagnie- lui a valu les honneurs de la presse américaine. "C’est miraculeux que nous ayons survécu", conclut de son côté Vedpal Singh, un des passagers, qui s’en sort seulement avec une fracture... mais bien choqué.