Les fonctionnaires centrafricains enfin payés

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Les fonctionnaires centrafricains enfin payés
@ Reuters / Joe Penney
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PATIENCE - Ils ont touché lundi leur premier salaire en six mois, après plusieurs heures d'attente devant les guichets de banque de Bangui.

L'INFO. Les fonctionnaires et agents de l'Etat centrafricain ont commencé lundi à percevoir leur premier mois de salaire depuis six mois, dans un pays paralysé par la crise et les violences depuis un an. Depuis septembre 2013, ils ne touchaient plus d'argent pour leur travail. Alors lundi, des files d'attente interminables se sont formées très tôt devant les principales banques de Bangui, prises d'assaut par des fonctionnaires impatients de récupérer leur argent.

"Mieux vaut un mois que rien. On ne vit plus. Pourvu que le gouvernement fasse l'effort de nous ajouter un, ou deux autres mois si la trésorerie le permet", a déclaré Jean Nguélébo, cadre dans la santé. "Avec ça la famille peut prétendre à quelques plats de 'pointinini' (plats à base de petits poissons de mer, ndlr.) en attendant les jours meilleurs", a expliqué Cyrille Ngoazeyou, enseignant, considérant que "dans la situation actuelle, on se contente de ce qu'on a".

Une promesse de Hollande. Mais beaucoup ont exprimé leur mécontentement, après ces long mois d'attente sans salaire. Ce n'est pas la première fois que le gouvernement arrête de payer ses fonctionnaires pendant quelques mois.

"Même Bozizé faisait mieux. Il nous avait donné, deux ou trois fois, deux 'sim' (deux salairesndlr.). Si les nouvelles autorités ont accepté de diriger le pays, c'est qu'elles ont pris la mesure de tous les problèmes. On ne peut pas devant les attentes des fonctionnaires les réduire à une portion congrue. C'est une défaillance des technocrates", s'est agacé un enseignant, Jean-Christ Mbaké.

Le 28 février, le président François Hollande de passage à Bangui, avait annoncé que les salaires des agents de l'Etat seraient rapidement versés grâce à une aide des pays de la région.

Paralysie. La Centrafrique s'est enfoncée dans un cycle de tueries interreligieuses, après des mois d'exactions essentiellement contre les chrétiens. Les combattants, souvent musulmans, de la Séléka, avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013. La crise a paralysé toutes les administrations, à commencer par les régies financières (douanes, impôts, trésor public...) privant l'Etat des ressources nécessaires pour payer les salaires et les retraites.

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